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Le dhikr, notion cardinale en
Islam, est mention, rappel, invocation de la Réalité divine,
particulièrement, dans la technique initiatique, par des formules
incantatoires régulièrement transmises (qui sont l'équivalent islamique des
mantras de la tradition hindoue). Il s'oppose à l'oubli qui est l'ignorance,
et constitue l'actualisation de la « Parole perdue ».
Le Cheikh al-Alawi dit notamment
au sujet du dhikr : « Sache que le dhikr est la plus immense des portes et
le chemin le plus proche pour entrer (dans la présences) d’Allah ; quand
Allâh gratifie ainsi son serviteur en lui ouvrant cette porte, Il lui permet
d’entrer dans Sa présence, et on dit que : « l’autorité du dhikr est
étendue » . . . Si tu voies un connaissant occupé par le dhikr sache qu'il
est négligent. Cela même qui est un bien pour les pieux (Abrar) est un mal
pour les rapprochés (muqarrabûn). . .
Le dhikr opère avec la
distraction (ghafla) non avec la présence (hudur, avec l’oubli et non avec
la conscience. Allâh dit (Cor’an XVIII, 24) : « invoque ton seigneur si tu
oublies ». S'il n’a pas oublié, alors il ne fait pas le dhikr. le Vrai,
quand Il se manifeste directement (bi-shuhûdihi) à son serviteur lui fait
oublier le dhikr et ce qu 'il signifie ; il ne reste alors que la pure
contemplation directe (al-shuhûd al-mahd) ; c’est pourquoi on dit : « celui
qui contemple directement Allâl ne le mentionne pas et celui qui ne le
mentionne pas ne le contemple pas ». . .
Le dhikr aboutit et porte celui
qui l’accomplit à la contemplation directe du Principe (shuhûd al-haqîqa) et
à la cessation du manifesté (khumûd al-khalîqa) qui est l’extinction totale
et la disparition limpide. . . Ce dhikr est appelé chez nous le secret des
secrets, car l’invocateur (dhakir) devient dans cet état principe sans
manifestation, ou en d’autres termes, union (jam') sans séparation (farq) ou
tissu sans fissure ; tel est le dhikr pour les soufis (al- qawm). . .
Opère, toi l’aspirant, avec le
nom d’Allâh, éteins en lui ta précieuse vie ; car par Allâh, c’est lui
vraiment le précieux, il n y' a rien Je précieux au-dessus de lui excepté la
connaissance (ma'rifa) qui en est le résultat ; Allâh dit dans un hadith
qudsî (parole divine rapportée par Muhammad) :« rien n’est plus immense que
Mon dhikr, excepté Ma connaissance », et la connaissance d’Allâh n’est
produite que par l’immersion dans le nom suprême » (Commentaire des
sentences d'Abû Madyan, chap. VI).
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