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Soufisme

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Etapes des itinérants vers Dieu (...suite)

 

VI. Section des vallées / audiya

1.    Le bien-agir (ihsân). Dieu a dit : « La récompense du bien est-elle autre chose que le bien? » (Qor’ân, LV, 60). Le bien-agir désigne le fait de rendre ton culte à Dieu comme si tu Le voyais.

2.    La science (‘ilm). Dieu a dit : « Et à qui Nous avions enseigné une science émanant de Nous » (Qor’ân, XVIII, 65).

La science est ce qui repose sur une preuve et enlève l’ignorance.

3.    La sagesse (hikma). Dieu a dit : « Il donne la sagesse à qui Il veut. Or, à quiconque la sagesse est donnée, un grand bien est donné » (Qor’ân, II, 269). La sagesse est un terme qui signifie le fait de mettre exactement chaque chose à sa place.

4.    La clairvoyance (basîra). Dieu a dit « Ceci est Mon chemin. En toute clairvoyance, j’appelle à Dieu, moi et ceux qui me suivent » (Qor’ân, XII, 108). La clairvoyance, c’est ce qui te délivre de la perplexité.

5.     La sagacité (firâsa). Dieu a dit : « En vérité, sont certes là des signes pour ceux qui sont perspicaces » (Qor’ân, XV, 75).

Etre perspicace, c’est être sage; cela consiste à percevoir ce qu’il en est de quelque chose d’invisible, sans raisonner par induction à partir d’aucun indice, ni interroger aucune expérience.

6.     La révérence (ta’zîm). Dieu a dit: « Qu’avez-vous à ne pas attendre que Dieu soit révéré?)) (Qor’ân, LXXXI, 13). La révérence consiste à reconnaître la grandeur, tout en s’humiliant devant elle.

7.     L’inspiration (ilhâm). Dieu a dit : « Celui qui avait connaissance de l’Écriture dit « Moi, je te l’apporterai avant que ton regard soit revenu vers toi » (Qor’ân, XXVII, 40). L’inspiration est la demeure de ceux qui reçoivent (de Dieu) une communication.

8.    La sakîna. Dieu a dit : «C’est Lui qui a fait descendre la sakîna dans les coeurs des croyants » (Qor’ân, XLVIII, 4).

Le terme sakîna sert à désigner trois choses. La première est la sakîna des fils d’Israël. La deuxième est celle qui parle par la bouche de ceux qui reçoivent (de Dieu) une communication. La troisième sakîna est celle que Dieu a fait descendre dans le coeur du Prophète et dans les coeurs des croyants.

9.    La quiétude (tuma’nîna). Dieu a dit : « Et toi, âme apaisée... » (Qor’ân, LXXXIX, 27). La quiétude est un repos que renforce une sûreté parfaite ressemblant à la vision.

10.   La préoccupation (himma). Dieu a dit: « Sa vue ne s’est ni détournée ni fixée ailleurs » (Qor’ân, LIII, 1.7). La préoccupation est ce qui régit de façon absolue le mouvement vers l’objet, (si bien que) celui qu’elle affecte ne se maîtrise plus et ne peut se détourner d’elle.

 

VII. Section des états mystiques / ahwal

1.    L’amour (mahabba). Dieu a dit « Dieu amènera un peuple qu’Il aimera et qui L’aimera » (Qor’ân, V, 54). L’amour est l’attachement du coeur, (partagé) entre la préoccupation et l’intimité, dans le don et le refus, de façon exclusive.

2.  La jalousie (ghayra). Dieu a dit, rapportant les paroles de Salomon « Ramenez-moi ces cavales!  et il se mit à leur trancher les jarrets et le col » (Qor’ân, XXXVIII, 33). Etre jaloux (de quelque chose), c’est ne plus rien supporter tant on y tient et avoir peine à se contenir tant on la convoite.

3.    La nostalgie (Shauq). Dieu a dit « Celui qui espère la rencontre de Dieu (le trouvera) car le terme de Dieu va certes venir » (Qor’ân, XXIX, 5). La nostalgie est l’élan impétueux du coeur vers quelque chose d’absent.

4.    L’anxiété (qalaq). Dieu a dit, rapportant les paroles de Moïse : « Je me suis hâté pour que Tu sois satisfait » (Qor’ân, XX, 84). L’anxiété est l’agitation causée par la nostalgie lorsqu’elle fait tomber la patience.

5.    La soif  (‘atash). Dieu a dit, rapportant les paroles de Son Ami (Abraham) : « Lorsque la nuit se fut étendue sur lui, il vit un astre; il s’écria : "Voici mon Seigneur!" » (Qor’ân, VI, 76). La soif est une métaphore pour dire l’avidité de quelque chose qu’on espère.

6.    L’extase (wajd). Dieu a dit : « Nous fortifiâmes leur courage quand ils se levèrent » (Qor’ân, XVIII, 14). L’extase est une flamme qui jaillit lorsqu’on voit survenir quelque chose de troublant.

7.    La stupeur (dahash). Dieu a dit : « Quand elles l’eurent aperçu, elles le trouvèrent si beau... » (Qor’ân, XII, 31). La stupeur est un étonnement qui s’empare du serviteur lorsque quelque chose le surprend qui surpasse son intelligence, ou sa constance, ou sa science.

8.    L’affolement (hayamân). Dieu a dit: « Et Moïse tomba foudroyé » (Qor’ân, VII, 143). L’affolement consiste à perdre la maîtrise de soi sous le coup de l’étonnement admiratif ou de la stupéfaction. Il est d’une durée plus stable que la stupeur, et il qualifie plus profondément le sujet qu’il affecte.

9.    L’éclair (barq). Dieu a dit: « Lorsqu’il vit un feu... » (Qor’ân, XX, 10). L’éclair est une prémice qui scintille pour le serviteur et qui l’invite à entrer dans cette Voie. La différence entre lui et l’extase, c’est que l’extase advient après qu’on y est entré; elle est un viatique, alors que l’éclair est une permission.

10.   Le goût (dhauq). Dieu a dit : « Ceci est un rappel » (Qor’ân, XXXVIII, 49). Le goût est quelque chose de plus durable que l’extase et de plus lumineux que l’éclair.

 

VIII.    Section des liens tutélaires / wilâyât

1.    Le coup d’oeil (lahz). Dieu a dit : « Regarde vers la montagne! Si elle s’immobilise en sa place, tu Me verras » (Qor’ân, VII, 143). Le coup d’oeil est un regard furtif.

2.    L’instant (waqt). Dieu a dit : « Puis tu vins ici sur un décret, ô Moïse! » (Qor’ân, XX, 40). L’instant est un terme qui sert à désigner le contenant de la venue à l’être.

3.    La pureté (safâ’). Dieu a dit «En vérité, ils sont certes, auprès de Nous, parmi les Élus les meilleurs » (Qor’ân, XXXVIII, 47). La pureté est un terme qui signifie l’exemption de trouble.

4.    La liesse (surûr). Dieu a dit : « Dis : De la faveur de Dieu et de Sa miséricorde, de tout cela que se réjouissent les hommes! » (Qor’ân, X, 58). La liesse est un terme qui signifie une joie intégrale; elle est plus pure que la réjouissance, car les réjouissances sont parfois mêlées de tristesse.

5.    Le secret (sirr). Dieu a dit « Dieu sait bien ce qui est dans leurs âmes » (Qor’ân, XI, 31). Les gens du secret, ce sont ceux qui passent inaperçus dont parle la tradition.

6.    Le soupir (nafas). Dieu a dit : « Quand il revint à lui, il s’écria "Gloire à Toi!" » (Qor’ân, VII, 143.) Le soupir est ainsi nommé à cause du soulagement que trouve celui qui y reprend haleine.

7.    L’expatriement (ghurba). Dieu a dit : « Parmi les générations qui furent avant vous, pourquoi les gens de piété, qui interdirent le scandale sur la terre et que Nous sauvâmes, ne furentils que peu nombreux? » (Qor’ân, XI, 116). S’expatrier est un terme qui sert à indiquer le fait de s’isoler de ses semblables.

8.    La submersion (gharaq). Dieu a dit : « Or, quand ils eurent prononcé le salâm et qu’il eut placé l’enfant front contre terre... » (Qor’ân, XXXVII, 105). C’est là... l’état de celui qui est parvenu au milieu de la demeure et qui a dépassé la limite de la dispersion.

9.    L’absence (ghaiba). Dieu a dit : « Puis il se détourna d’eux et s’écria : Hélas! O Joseph!» (Qor’ân, XII, 84).

10.   La fermeté (tamakkun). Dieu a dit: « Que ne t’ébranlent point ceux qui ne sont pas convaincus! » (Qor’ân, XXX, 60). La fermeté est supérieure à la quiétude; c’est une manière de suggérer le sommet de la stabilité.

 

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