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Soufisme

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Etapes des itinérants vers Dieu (...suite)

 

4.    La sincérité  (ikhlâs). Dieu a dit : « Le culte pur n’appartient-il pas à Dieu? » (Qor’ân, XXXIX, 3) La sincérité consiste à purifier l’action de tout mélange.

5.    L’amendement  (tahdhîb). Dieu a dit : « Quand celui-ci eut disparu, il dit : Je ne saurais aimer les (astres) disparaissants » (Qor’ân, VI, 76). L’amendement est l’épreuve de ceux qui sont dans les débuts; il est l’une des voies de l’ascèse.

6.    La rectitude  (istiqâma). Dieu a dit : « Allez droit à Lui! » (Qor’ân, XLI, 6). Le fait que Dieu ait dit à Lui est une suggestion (invitant) à l’esseulement parfait.

7.    S’appuyer sur Dieu  (tawakkul). Dieu a dit : « Sur Dieu appuyez-vous, si vous êtes croyants! » (Qor’ân, V, 23) S’appuyer sur Dieu, c’est confier toute l’affaire à Celui qui en est le Maître et se reposer sur Sa gérance.

8.    S’en remettre à Dieu (tafwîd). Dieu a dit, rapportant les paroles du croyant de la famille de Pharaon: «Je remets mon sort à Dieu. Dieu est clairvoyant sur Ses serviteurs » (Qor’ân, XL, 44). S’en remettre à Dieu suggère quelque chose de plus délicat et a une extension plus vaste que s’appuyer sur Dieu.

En effet, on s’appuie sur Dieu après l’intervention des moyens (humains), alors qu’on s’en remet à Dieu avant et après leur intervention. C’est l’attitude même du parfait abandon.

9.    La confiance  (thiqa). Dieu a dit : « Et quand tu craindras pour lui, confie-le au fleuve! » (Qor’ân, XXVIII, 7). La confiance est la pupille de l’oeil de « s’appuyer sur Dieu », le point central du cercle de « s’en remettre à Dieu », et le tréfonds du coeur de la soumission totale.

10. La soumission totale  (taslim). Dieu a dit « … Et ils se soumettront totalement » (Qor’ân, IV, 65).

 

IV. Section des moeurs vertueuses / Akhlaq

1.  La constance (sabr). Dieu a dit : « Sois constant : ta constance ne sera qu’avec l’aide de Dieu » (Qor’ân, XVI, 127).

La constance consiste à se retenir de se plaindre, malgré une impatience cachée.

2.    La satisfaction (ridhâ). Dieu a dit : « Retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée! » (Qor’ân, LXXXIX, 28). La satisfaction est un terme qui signifie faire halte franchement où que Dieu arrête le serviteur, sans demander...

3.    La gratitude  (shukr). Dieu a dit : « Rares, parmi Mes serviteurs, sont ceux qui sont emplis de gratitude » (Qor’ân, XXXIV, 13). La gratitude est un terme qui signifie la reconnaissance du bienfait, parce qu’elle est une voie (conduisant) à la connaissance du Bienfaiteur; c’est en ce sens que Dieu a appelé l’Islam et la foi, dans le Qor’ân, de la gratitude.

4.    La pudeur (hayâ’). Dieu a dit : «Ne sait-il pas que Dieu le voit? » (Qor’ân, XCVI, 14). La pudeur naît d’une révérence appendue à l’amour.

5.    La vérité  (sidq). Dieu a dit: « Quand l’affaire est décidée, être vrai envers Dieu est un bien pour eux » (Qor’ân, XLVII 21). La vérité est un terme qui signifie la réalité de la chose en son authenticité, au terme de sa production et dans la perception qu’on en a.

6.    La préférence (ithâr). Dieu a dit : « A eux-mêmes ils le préfèrent, même si pénurie existe chez eux » (Qor’ân, LIX, 9). La préférence comporte une attribution exclusive et un libre choix.

7.    Le caractère (khuluq). Dieu a dit : « En vérité, tu possèdes un caractère éminent)) (Qor’ân, LXVIII, 4). Ceux qui traitent de cette science s’accordent pour affirmer que le soufisme, c’est le caractère : c’est prodiguer les bonnes manières et éviter de faire du tort.

8.    La modestie (tawâdu’). Dieu a dit : « Les serviteurs du Dieu Bon sont ceux qui marchent sur la terre modestement » (Qor’ân, XXV, 63). La modestie consiste à s’incliner humblement devant la force contraignante de ce qui est vrai.

9.    La générosité du coeur (futûwa). Dieu a dit: « C’étaient des jeunes gens qui crurent en leur Seigneur et à qui Nous accordâmes les plus grands moyens de se diriger » (Qor’ân, XVIII, 13). Le point essentiel de la générosité du coeur, c’est de ne te reconnaître aucune supériorité et de ne te voir aucun droit.

10. Etre au large (in bisât). Dieu a dit : « ... Tu égares qui Tu veux et diriges qui Tu veux » (Qor’ân, VII, 155). Etre au large, c’est laisser libre cours à son naturel et à se garder de l’éloignement que cause la timidité.

 

V. Section des principes / usûl

1.    Le propos (qasd). Dieu a dit : « Quiconque sort de sa demeure, émigrant vers Dieu et Son Prophète, mais est frappé (en route) par la mort, voit échoir sa rétribution qui incombe à Dieu » (Qor’ân, IV, 100). Le propos, c’est la décision irrévocable de se consacrer exclusivement à l’obéissance.

2.    La résolution ( ‘azm). Dieu a dit: « Quand tu auras décidé, appuie-toi sur Dieu! » (Qor’ân, III, 159.) La résolution consiste à réaliser le propos de gré ou de force.

3.    La volonté  (irâda). Dieu a dit : « Dis : chacun agit selon son mouvement» (Qor’ân, XVII, 84). La volonté est l’une des lois de cette science (c’est-à-dire de la connaissance de l’itinéraire spirituel) et l’un des principes qui régissent l’ensemble de ses constructions. Elle consiste à répondre de bon gré aux appels de la réalité.

4.    La bienséance (adab). Dieu a dit : « Ceux qui gardent les limites imposées par Dieu... » (Qor’ân, IX, 112). La bienséance consiste à garder la juste limite...

5.   La certitude (yaqîn). Dieu a dit : « Sur terre sont des signes pour les convaincus » (Qor’ân, LI, 20). La certitude est le véhicule de celui qui s’engage dans cette voie. Elle est le  sommet des degrés du commun des gens et, dit-on, le premier pas des privilégiés.

6.    L’intimité (uns). Dieu a dit « Quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi, Je suis près » (Qor’ân, II, 186). L’intimité exprime la joie paisible de la proximité.

7.    Se rappeler Dieu (dhikr). Dieu a dit « Rappelle-toi ton Seigneur quand tu oublies! » (Qor’ân, XVIII, 24), c’est-à-dire quand tu oublies tout ce qui n’est pas Lui et quand tu t’oublies toi-même dans l’acte de te rappeler, puis lorsque tu oublies l’acte de te rappeler dans l’acte de te rappeler, puis lorsque tu oublies tout rappel dans le souvenir actuel que Dieu de toi. Se rappeler, c’est se délivrer de l’insouciance et de l’oubli.

8.    La pauvreté (faqr). Dieu a dit : « Hommes! vous êtes les besogneux envers Dieu » (Qor’ân, XXXV, 15) La pauvreté est un terme qui signifie le fait d’être exempt de la vision de la propriété.

9.    La richesse (ghinâ’). Dieu a dit : « Ne te trouva-t-Il point pauvre si bien qu’il t’enrichit?)) (Qor’ân, XCIII, 8). La richesse est un terme qui sert à désigner le fait de posséder tout ce dont on a besoin.

10.   La voie passive (maqâm al-murâd). Dieu a dit : « Tu n’espérais pas que te fût donnée l’Écriture » (Qor’ân, XXVIII,86). La plupart de ceux qui traitent de cette science ont fait du murâd et du murîd deux (êtres différents) et ont placé la demeure du murâd au-dessus de la demeure du murîd.

 

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