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Le
premier stade, c’est la mise-en-route de celui qui a fait le propos (d’avancer).
Le deuxième stade, c’est son entrée dans l’expatriement. Le troisième stade,
c’est son arrivée à la contemplation, qui attire vers l’essence même de
l’unification dans le chemin de l’anéantissement.
Hadîth concernant le sens du premier stade : L’envoyé de Dieu a dit : «
Marchez! Les esseulés arriveront les premiers! » On lui
demanda « O envoyé de Dieu! qu’est-ce que les esseulés? » Il
répondit : « Ce sont les frémisseurs, qui frémissent à la pensée de Dieu; la
pensée de Dieu enlèvera leurs fardeaux, de sorte qu’ils viendront légers au Jour
de la Résurrection. »
Hadith concernant le sens de l’entrée dans l’expatriement « La recherche de Dieu
est un expatriement. »
Hadith
concernant le sens de l’arrivée à la contemplation «Dans la tradition rapportant
la question posée par Gabriel à l’envoyé de Dieu : « Qu’est-ce que le bien-agir? »
Il répondit « C’est que tu rendes ton culte à Dieu comme si tu Le voyais; et si
tu ne Le vois pas, Lui du moins te voit. »
I.
Section des débuts / bidâyât
1. L’éveil
(yaqadha). Dieu a dit : « Dis : Je vous exhorte seulement à une chose :
Dressez-vous vers Dieu... » (Qor’ân, XXXIV, 46). Se dresser vers Dieu, c’est
s’éveiller de la somnolence, de l’insouciance et se tirer du bourbier de la
tiédeur. Ceci a
lieu dès que le coeur s’illumine de vie, à la vision de la lumière de
l’avertissement.
2. Le retour à
Dieu (tawba). Dieu a dit : « Ceux qui ne reviendront pas (de leur
faute), ceux-là seront les injustes » (Qor’ân, XLIX, 11). Les conditions du
retour à Dieu consistent en trois choses : le regret, l’excuse et l’extirpation.
3.
L’examen de conscience (muhâsaba). Dieu a dit : « Craignez Dieu! Que chaque âme
considère ce qu’elle o avancé pour demain! » (Qor’ân, LIX, 18). On ne suit le
chemin de l’examen de conscience qu’après avoir entrepris résolument d’exécuter
l’engagement du retour à Dieu.
4.
La résipiscence ( inâba). Dieu a dit « Et venez à résipiscence à votre Seigneur »
(Qor’ân, XXXIX, 54). La résipiscence consiste en trois choses revenir à Dieu en
se réformant, comme on est revenu à Lui en s’excusant; revenir à Lui en étant
fidèle, comme on est revenu à Lui en s’engageant; revenir à Lui en sa manière
d’être, comme on est revenu à Lui en Lui répondant.
5.
La réflexion (tafakkur). Dieu a dit : « Alors que Nous avons fait descendre vers
toi le Rappel, pour que tu montres aux hommes ce qu’on a fait descendre vers
eux. Peut-être réfléchiront-ils » (Qor’ân, XVI, 44). Sache que la réflexion est
l’enquête menée par la vue intérieure dans le but d’atteindre l’objet désiré.
6.
La méditation (tadakkur). Dieu a dit : « Ne se souvient que qui vient à
résipiscence» (Qor’ân, XL, 13). La méditation est supérieure à la réflexion, car
réfléchir, c’est chercher et méditer, c’est trouver.
7.
Se mettre hors de péril (i’tisâm). Dieu a dit : « Mettez vous hors de péril en
vous cramponnant à la corde de Dieu, en totalité! » (Qor’ân, III, 103), et
«
Mettez-vous hors de péril en vous cramponnant à Dieu, Il est votre Maître! » (Qor’ân,
XXII, 78). Se cramponner à la corde de Dieu, c’est être fidèle à Lui obéir, en
guettant Ses ordres; se cramponner à Dieu, c’est s’élever au-dessus de toute
imagination et se délivrer de toute hésitation.
8.
La fuite (firâr). Dieu a dit : « Fuyez auprès de Dieu! » (Qor’ân, LI, 50). La
fuite consiste à s’enfuir de ce qui n’est pas, auprès de ce qui n’a jamais cessé
d’être.
9.
L’ascèse (riyâda). Dieu a dit « Ceux qui donnent ce qu’ils donnent et dont les
coeurs frémissent... » (Qor’ân, XXIII, 60). L’ascèse consiste à entraîner l’âme
à faire sien ce qui est vrai.
10.
L’audition (samâ’). Dieu a dit : « Si Dieu avait reconnu en eux quelque bien,
Il les aurait fait entendre» (Qor’ân, VIII, 23). Le point essentiel de
l’audition, c’est l’éveil de l’attention.
II.
Section des portes / abwâb
1.
La tristesse (huzn). Dieu a dit : « Ils s’en retournent, versant tristement des
flots de larmes » (Qor’ân, IX, 92). Être triste, c’est souffrir de ce que
quelque chose vous a échappé, ou s’affliger de ce que quelque chose est d’accès
difficile.
2.
La crainte (khawf). Dieu a dit : « Ils craignent leur Seigneur, au-dessus d’eux
» (Qor’ân, XVI, 50). Craindre, c’est être arraché à la quiétude de la sécurité
par la considération de la parole reçue.
3.
La sollicitude (ishfâq). Dieu a dit : « Ils diront : Nous étions, jadis, parmi
les nôtres, pleins d’angoisse » (Qor’ân, LII, 26). La sollicitude consiste a
éprouver continuellement de l’appréhension en même temps que de la compassion.
4. L’humilité
(khushû). Dieu a dit «L’heure n’est-elle point venue, pour ceux qui
croient, que leurs coeurs s’humilient devant le rappel de Dieu et la vérité qui
est descendue ?» (Qor’ân, LVII, 16.) L’humilité consiste en ce que l’âme cesse
de flamber et la nature cesse de brûler, à cause de quelque chose de grand ou de
terrible.
5.
La tranquillité (ihbât). Dieu a dit : « Annonce la bonne nouvelle aux gens
humbles et tranquilles » (Qor’ân, XXII, 35). La tranquillité fait partie des
prémices de la demeure de la quiétude. C’est l’arrivée au lieu sûr (ou l’on est
à l’abri) du retour en arrière et de l’hésitation.
6.
Le renoncement (zuhd). Dieu a dit « Ce qui reste auprès de Dieu est un bien pour
vous » (Qor’ân, XI, 86). Le renoncement consiste à faire tomber de la chose le
désir qu’on en a, de façon totale.
7.
Le scrupule (wara’). Dieu a dit : « Tes vêtements, purifie les! » (Qor’ân, LXXIV,
4.) Le scrupule consiste à s’abstenir au maximum par précaution, ou à se retenir
par respect.
8.
Se consacrer à Dieu (tabattul). Dieu a dit : « Et consacre toi à Lui totalement
» (Qor’ân, LXXIII, 8). Se consacrer, c’est se détacher de façon totale (afin de
se vouer exclusivement à quelque chose). Le fait que Dieu ait dit à Lui est un
appel au dépouillement absolu.
9.
L’espérance (radjâ’). Dieu a dit : « Vous avez dans l’Apôtre de Dieu un bel
exemple pour quiconque espère on Dieu et au Dernier Jour» (Qor’ân, XXXIII, 21).
10.
L’aspiration (raghba). Dieu u dit : « Et ils Nous invoquaient par amour et par
crainte » (Qor’ân, XXI, 90). L’aspiration rejoint la réalité plus que
l’espérance. Elle est supérieure à l’espérance, car l’espérance est une envie à
qui manque une réalisation certaine, tandis que l’aspiration est un cheminement
dans la voie d’une réalisation certaine.
III.
Section des comportements / mu’âmalat
1.
La vigilance (ri’âya). Dieu a dit: « Ils ne l’ont pas observé comme il se devait »
(Qor’ân, LVII, 27). La vigilance consiste à garder (quelque chose) avec soin.
2.
Fixer son attention (murâqaba). Dieu a dit : « Ils n’observent à l’égard d’un
croyant ni alliance ni engagement » (Qor’ân, IX, 10). Fixer son attention, c’est
regarder continuellement l’objet vers lequel on tend.
3.
Le respect (hurma). Dieu a dit : « Or, quiconque respecte les choses sacrées de
Dieu, c’est un bien pour lui auprès de son Seigneur » (Qor’ân, XXII, 30).
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