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Soufisme

Les 10 règles du soufisme

 

 

I. La première règle

La volonté sincère dans l'action, qui se concrétise   dans la durée et la continuité. Le prophète (s.b.s.l) a dit : " chacun sa récompense selon l'intention de son acte. " Par " volonté ", nous visons : La fermeté et la détermination du coeur. Et, par " sincérité ", nous entendons : Que (la volonté) décide de faire ou d'annuler un acte seulement pour le Seigneur. Et, enfin, nous voulons dire par " la durée et la continuité de la sincérité " : La stabilité   et la permanence de cette qualité supérieure. Car la répétition a des effets bénéfiques certains que n'ont pas les actes ponctuels et provisoires. La preuve de l'acquisition de cette qualité est que la détermination ne change pas en fonction des accidents de parcours et des événements passagers, et qu'elle reste constante et ferme. L'acte appartient au Véridique (al-Haq : Allah, sa véracité est donc nécessaire. L'homme sincère n'annule pas à cause de la créature (al-Khalq) une décision prise en vue de satisfaire le Créateur (al-Haq).

 II. La deuxième règle

 Œuvrer pour Allah sans associé ni association. Le prophète (s.b.s.l) a dit : " Adore Allah comme si tu le voyais, si tu ne le vois pas, sache que Lui te voit. " Les signes indicateurs (du Ikhlâs sont le fait que :

1 - Rien d'autre que la vérité ne te satisfaisait plus.

2 - Rien d'autre que la Vérité n'est considéré par toi   comme chose évidente.    

3 - Enfin, que tu évites la créature. Car le préféré d'Allah (s.b.s.l) a dit : " Malheur à l'esclave du Dinâr. " (l'argent).  

4 - Abandonne pour Allah tous tes désirs, car le prophète (s.b.s.l) a dit : " Il est du bon Islam de l'homme qu'il abandonne tout ce qui ne le concerne pas. "   Parmi les choses les plus importantes à abandonner : les choses douteuses (as-Chubhât). Prends garde qu'elles   ne t'atteignent. Le prophète (s.b.s.l) a dit : " Eloigne-toi de tout ce qui crée en toi le doute pour ce qui ne le crée pas. "  Lorsque ces trois principes seront consolidés, ils feront mûrir en toi les fruits de la dévotion (al-Qurba). Tu seras dans ce bas monde, mais seulement par la forme, quant à l'essence (al-M'ana), tu vivras dans l'autre monde. Selon ta volonté et ta constance dans l'action et l'inaction, tu auras ta part du célèbre Hadîth qui dit : " Sois dans ce bas monde tel un immigré ou un passager, considère-toi parmi les gens des tombes. " Les preuves du contentement (a1-Qana'a) sont le fait : - De s'en tenir à ce qui te protège de la chaleur, du froid, et de la faim . Le prophète (s.b.s.l) a dit : " Quelques petites bouchées qui tiennent droit le dos de l'homme lui suffi- sent. " - Le détenteur du froment (al-Qamh) n'envie pas celui des céréales. Celui qui détient la valeur du creux du noyau de la datte (an-Naqratu) ne regarde pas vers celui qui détient celle d'une petite auge (an-Naqîr).

      - Celui qui se contente du licite (Halâl) ne consomme as tout ce qui lui est permis, ses ailes   ne se battent   point sur les choses douteuses.

Les signes du Gharîb (l'étranger) : - La légèreté du fardeau, et ne pas être lié à une lourde charge. - Abandon de la mendicité, car elle pousse (les donneurs) vers l'ombre (la dignité) du Gharîb.

Les signes d'un passant sont : - La rapidité de sa réponse, - Sa satisfaction   face à ce qui est disponible.

        Les signes du mort : - Sa préférence pour les choses importantes pour sa foi. - Ses questions sut les exigences du moment.

III. La troisième règle

La conformité des attitudes à la vérité (révélée) par l'acceptation (de la vérité) et la concordance (des actes avec E1le).

- Contrarier l'âme (an-Nafs) par la résistance :

- A la séparation.

- Aux difficultés.

- A l'abandon des passions.  

- Au manque des délices.  

- A la misère de l'habitat.

- Et à la dureté des désaccords et des conflits.

Celui qui s'habitue à cette endurance sort du voile-   ment et entre dans le dévoilement.   Ainsi, son sommeil acquiert la valeur d'une veillée ; sa vie sociale se transforme en une vie de retraite spirituelle ; sa satiété en une   faim ; sa gloire en une humilité : sa parole en un silence ; et sa richesse en une pauvreté.

IV. La quatrième règle

Agir en suivant le modèle, non pas en innovant, afin de ne pas être victime de sa propre passion et afin de ne pas devenir arrogant avec son point de vue. - Certes, celui qui se fait son propre guide pour conduire ses œuvres ne sera guère pleureur. Le prophète (s.b.s.l) a dit : " Je vous ordonne d'écouter et de suivre, même si votre Amir est un esclave habachi. " Le parfait (al-Kâmil) est celui qui se conforme à la Sunna, non le scissionniste, ni le Mu'tazilite,   ni l'innovateur. Le prophète (s.b.s.l) a dit : " Ô mes amis, je vous ordonne d'être dans la grande masse. Qu'est-ce que la grande masse ? l'a-t-on interrogé.   Ce que moi et mes disciples suivons, a- t-il répondu. "

V. La cinquième règle

Avoir une large portée d'esprit qui te protège d'un ajournement corrupteur.

Il est dit : " Ne remets pas à demain l'action d'aujourd'hui. Car les bonnes œuvres découlent les unes des autres. Celui qui se contente d'un état inférieur n'aura guère droit à un état supérieur. "

VI. La sixième règle

Avoir de la faiblesse (abandon de soi) et de l'humilité   en face d'Allah. Non dans le sens de la paresse vis-à-vis des actes d'adoration, ni dans celui de l'abandon de tout effort, mais dans celui de (l'abandon de soi à Dieu) : avoir le sentiment permanent de l'impuissance de toute action en dehors du pouvoir de la volonté et de la puissance du Véridique et du Généreux. - Aussi, tu dois voir - dans le but de vénérer l'Excellence de ton Seigneur Digue de tout respect et de tout honneur - les créatures avec considération et respect. Car les unes entre elles sont les intermédiaires des autres. - Telle est la pratique divine : lorsqu'Allah veut quelque chose, Il le met en rapport d'annexion avec Lui-même sans intermédiaires.

- Lorsque Son Excellence veut honorer quelques créatures, Il met Son nom en rapport d'annexion avec un autre (que Lui), ceci par pure observance des normes humaines. - Si tu te montres orgueilleux envers la créature, alors que tu sais que tout est entre les mains du Créateur - qu'Il soit Exalté et Magnifié -, et que le retour (de toute chose) s'opère vers Lui, alors sache que celui en- vers lequel tu t'es ainsi montré si impérieux est le Tout Puissant. Tu t'es comporté ainsi sans disposer d'une      preuve quelconque révélée par Allah vers toi. Demande-Lui donc pardon pour de ton impuissance face à Lui, et ton état misérable. - N'imagine pour toi aucun pouvoir, car cela signifierait : Lui disputer la puissance. 

VII. La septième règle

Eprouver une crainte pieuse et de l'espérance au sens   de leur signification spirituelle - Ne pas être rassuré par la magnificence (Djalâl) de la bienfaisance (al-Ihssân), avant de l’avoir vue réalisée de tes propres yeux. Estime-toi être (probablement) parmi les bienheureux auprès du   Généreux et du Bienfaisant.

VIII. La huitième règle

La continuité du devoir (Wird). Aussi bien envers des   créatures qu'envers le Créateur. - Celui qui est dépourvu de Wird sera dépourvu de source de secours (al-   Mawârid). Quant à l'âme de celui qui aide par ses actes et ses paroles, elle s'en trouvera épanouie intérieurement (Sirran) et extérieurement (Djahran). - Car l'âme observera les droits des créatures, de la même façon qu'elle at- tend du bien de leur part. - Elle aimera pour eux ce   qu'elle aimera pour elle-même. Et détestera pour eux ce qu'elle détestera pour elle-même. - Elle oeuvrera envers Allah, ce qui Le satisfait, tout comme elle souhaitera qu'Il lui fasse ce qui la satisferait. 

IX. La neuvième règle

Ne jamais être absent de Dieu. Quiconque observe la continuité de la vigilance de son cœur pour Dieu, et chasse de sa pensée toute autre chose qu'Allah, trouvera toute Sa bienfaisance, et acquerra ainsi la science certaine. Car (l'accession à la connaissance) lui sera possible aux conditions suivantes : - Qu'il considère que toutes les choses mobiles   (al-Harakât) que toutes les immobiles (as-Sakanât) et que toutes les essences (az-Zawât) sont de Son fait ; et que tout dépend de Sa volonté. - Qu'il accroisse sa vigilance   d'auto-surveillance jusqu'à ce qu'il soit élevé au sommet de la connaissance véridique ('Ilmu-l-yaqîn). - Qu'il se dépouille   finalement de tous ces états. C'est là la Certitude réelle (Haqîqatu-l-yaqîn),   et il pourra comprendre et dite (comme d'autres avant lui) : " Je n'ai rien vu sans y voir Dieu... " Il est le détenteur qui subsiste par Lui-même et par qui tout subsiste. Cette chose (station spirituelle) existe par Son ordre et Sa puissance selon la présence et l'intimité du serviteur.

Sois poli avec les créatures. Comporte-toi dignement envers eux. Le Prophète d'Allah a dit : " Mon Seigneur m'a éduqué, et a parfait mon éducation. "

X. La dixième règle

Savoir à chaque instant l'occupation spirituelle du moment tant sur le plan intérieur que sur le plan extérieur. Car quiconque croit se dispenser de l'adoration est le vrai pauvre miséreux. Allah a dit : " Dis : Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera vos péchés. Allah est Clément et Miséricordieux. "