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“Le soufisme fait partie du paysage cultuel et culturel de notre pays. Par contre, c'est l'intégrisme qui n'a aucune histoire, aucune légitimité. C'est le vide qui a créé l'intégrisme. Le soufisme est la voie du juste milieu, la voie du savoir dans laquelle aucun anathème n'est permis”, prône le cheikh dont la tariqa est représentée dans une centaine de pays, et qui regroupe des millions d'adeptes interpellés par “la quête de la vérité par l'expérience”, comme disent les soufis.
Il y avait foule hier à la librairie du Tiers-Monde. Une nombreuse assistance est venue écouter la conférence donnée par le cheikh de la tariqa El-Alawiya, dont le siège est à Tijdit, petit village maritime de la wilaya de Mostaganem, et se faire dédicacer l'un de ses ouvrages parus en 1996 aux éditions Pocket, et intitulé Le Soufisme, cœur de l'Islam. Fait plutôt rare lors d'une rencontre d'un auteur avec ses lecteurs, les responsables de cette librairie d'Alger-Centre ont dû fermer les portes pendant que Khaled Bentounes signait son livre.
L'invité du jour, qui est en perpétuels voyages aux quatre coins du monde, allie spiritualité et production littéraire. Car le cheikh, né en 1949, à la mort de son père vivait dans la froideur du monde des affaires en Europe, loin des considérations qui sont actuellement les siennes. Au cours de sa rencontre avec le public, l'arrière-arrière-petit-fils du cheikh Ahmed Moustapha El-Alawi, né en 1869, fondateur de cette zaouïa, a notamment déclaré qu'“on peut dire que si l'Islam est un corps, le soufisme en est son cœur ; on réapprend à goûter la saveur de Dieu dans le silence de l'instant”.
Khaled Bentounes, qui a fait ses études à Oxford et à Cambridge, soutient que le soufisme fait partie de l'histoire millénaire de l'Algérie : “Le soufisme fait partie du paysage culturel et cultuel de notre pays.Par contre, c'est l'intégrisme qui n'a aucune histoire, aucune légitimité. C'est le vide qui a créé l'intégrisme.
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“Le soufisme est la voie du juste milieu, la voie du savoir dans laquelle aucun anathème n'est permis”, prône le cheikh dont la tariqa est représentée dans une centaine de pays et qui regroupe des millions d'adeptes, interpellés par “la quête de la vérité par l'expérience”, comme disent les soufis. Parce que Khaled Bentounès, après un premier refus d'être à la tête de cette confrérie, avait sa propre entreprise, ses propres ambitions.
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À quel moment s'est donc produit le déclic ? “Il n'y a pas eu de déclic, c'est l'héritage de plusieurs siècles. C'est le destin auquel nul ne peut échapper. Je suis né dans le respect des aïeux qui finissent toujours par avoir le dernier mot”, a souligné Khaled Bentounès qui dit que sa mission actuelle est de maintenir la cohésion entre les membres de la tariqa, aussi bien à l'intérieur du pays qu'à l'étranger, et la transmission des enseignements “purs de toutes les ingérences extérieures”. Structuré en neuf chapitres, Le Soufisme, cœur de l'Islam débute par le propre itinéraire de l'auteur, ballotté entre matérialisme et spiritualité.
Une seconde partie est consacrée à la tradition soufie dès son apparition dans l'histoire de l'Islam. Ce chapitre est suivi par l'énoncé de l'importance, dans le soufisme, de la filiation non pas uniquement patriarcale, mais surtout une transmission de maître à disciple.
Après l'exposé sur les trois niveaux d'évolution de l'esprit, de la discipline spirituelle et le temps divin, l'auteur livre aux lecteurs le diwan de cheikh El-Alawi, ainsi que sa filiation qui remonte, comme le prétendent tous les cheikhs de zaouïa, au Prophète Mohamed, et qu'il a appelée chaîne initiatique de la tariqa El-Alawiya.
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