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Rencontre sur le soufisme
Le complexe culturel Laâdi Flici (Etablissement
Arts et culture) à Alger a abrité, vendredi 14 Décembre 2007, une
rencontre sur un des mouvements spirituels de l’Islam, à savoir, le
soufisme.
La rencontre a débuté avec la projection d’un film documentaire de 25
mn sur ce mouvement intitulé Soufisme, traditions et
modernité. Un film qui s’est contenté de retracer
l’histoire du soufisme.
A suivi, un débat avec cheikh Khaled Bentounès,
maître de la Tariqa Alawiya en Algérie. Ce dernier a répondu à
plusieurs questions ayant trait, entre autres, aux pratiques du
soufisme et aux rapports de l’Islam avec la démocratie.
Pour cheikh Khaled Bentounès, la «sainteté» est «évoquée par le Coran.
Cependant, le Livre sacré est clair sur la notion du Saint». En effet,
dans le texte révélé, «le Saint n’est pas un homme supérieur aux
autres. C’est un homme doté d’humilité, de sagesse, de vertus et de
connaissances qu’il doit transmettre aux autres».
Néanmoins, relève le même intervenant, «il y a des pratiquants qui se
disent soufis, alors qu’ils n’ont aucun rapport avec ce mouvement
spirituel. Ils manipulent et exploitent les gens. Ce genre de
manipulateurs, on les retrouve aussi dans d’autres mouvements
spirituels». Sachant que «nous vivons dans une situation où la
religion est utilisée pour prendre le pouvoir et pour créer l’effet de
masse.
Or, nous avons besoin de sages qui nous enseignent l’Islam comme
religion d’amour et de fraternité. Aussi, il est nécessaire de
consacrer une culture spirituelle dans le monde musulman qui,
aujourd’hui, va à contre courant de ses valeurs». Ainsi, quand un
musulman parle de «de l’Islam de tolérance, de fraternité, d’ouverture
et d’universalité, il est confronté à l’hostilité d’une partie des
musulmans».
Aujourd’hui, «nous sommes pauvres intérieurement. Et la pire pauvreté
est spirituelle, culturelle, intellectuelle et identitaire. Quand on
ne sait pas d’où on vient, on ne peut pas savoir où on va.
L’homme doit mener en son intérieur une quête de la spiritualité libre
de toute contrainte. Il s’agit d’une liberté intérieure. C’est ce que
prône le soufisme qui demande aussi à l’homme d’être soi-même».
Interrogé sur les questions relatives aux phénomènes des harraga et
des kamikazes, auxquels est confrontée aujourd’hui l’Algérie, cheikh
Khaled Bentounès indique qu’ils «traduisent l’échec de la société
algérienne».
El Watan, édition
du 16 décembre 2007 (page 19)
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