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Soufisme

Kompas- 24 novembre 2006

L’Islam ne se réduit pas au moyen-orient

Elisabeth Inandiak

 

Les stéréotypes de l’Occident vis-à-vis de l’islam comme une religion arriérée et incapable de générer la démocratie sont un leurre. Identifier l’islam avec les pays du Moyen-Orient est aussi un leurre. Ainsi a déclaré la Présidente de l’Institut des Sciences d’Indonésie, Dewi Fortuna Anwar, au cours d'une conférence internationale qui avait pour thème : « défier les stéréotypes de l’Europe sur l’islam », et s’est tenue à Jakarta le 22 novembre dernier. 

Selon Dewi Fortuna, la réalité sociologique, géographique et politique de l’Indonésie constitue une réfutation concrète de ces stéréotypes.

Le mouvement démocratique en Indonésie est la preuve qu’un pays dont la population est majoritairement musulmane peut parfaitement connaître un développement politique, loin de tout système autoritaire. La position de l’Indonésie, à la fois stratégique et exemplaire, a expliqué Dewi, peut devenir un outil pour réconcilier le monde musulman avec le monde occidental. Il faut que l’Indonésie se saisisse de cette chance dans sa politique extérieure. Cela l’aidera à se refaire une image positive aux yeux du monde international, à savoir que le plus grand pays musulman du monde est aussi la troisième plus grande démocratie du monde. L’Indonésie peut apporter la preuve que l’islam ne s’oppose par à la modernité et elle est appelée à devenir un arbitre actif dans le jeux d’échecs mondial, en particulier au Moyen-Orient.

Si cette image positive existe bien sur le plan sociologique, a poursuivi Dewi Fortuna, les moyens financiers ainsi que les ressources humaines pour lui faire jouer un rôle réel dans la politique mondial sont plus que limités. Sans parler de la situation économique en Indonésie même, qui ne fait qu’empirer.

Le Directeur Exécutif du Centre International pour l’Islam et le Pluralisme, Syafi’i Anwar, a rappelé les efforts entrepris pour réduire les stéréotypes de l’Occident vis-à-vis de l’islam, mais aussi la difficulté toujours plus grande d’y mettre fin. Ceci est dû à la politique de nombreux pays occidentaux qui considèrent l’islam comme leur ennemi. Syafi’i Anwar a donné l’exemple de la politique du Président George W Bush en Irak, en Palestine et en Afghanistan, qui blesse profondément toute la communauté musulmane dans le monde. « Je ne peux même plus compter le nombre de rencontres interreligieuses qui ont été organisées. Mais la politique de l’Occident vis-à-vis des nations musulmanes est encore marquée par de lourds préjugés », a-t-il déclaré. Selon Syafi’i Anwar, cela prouve que le dialogue interreligieux n’est pas capable d’influencer la politique étrangère des pays occidentaux. Ce dialogue doit être suivi de mesures concrètes, comme par exemple la formation d’une alliance interreligieuse.