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Les
stéréotypes de l’Occident vis-à-vis de l’islam comme une
religion arriérée et incapable de générer la démocratie sont
un leurre. Identifier l’islam avec les pays du Moyen-Orient
est aussi un leurre. Ainsi a déclaré la Présidente de
l’Institut des Sciences d’Indonésie, Dewi Fortuna Anwar, au
cours d'une conférence internationale qui avait pour thème : «
défier les stéréotypes de l’Europe sur l’islam », et s’est
tenue à Jakarta le 22 novembre dernier.
Selon
Dewi Fortuna, la réalité sociologique, géographique et
politique de l’Indonésie constitue une réfutation concrète de
ces stéréotypes. |
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Le mouvement démocratique en Indonésie est la
preuve qu’un pays dont la population est majoritairement
musulmane peut parfaitement connaître un développement
politique, loin de tout système autoritaire. La position de
l’Indonésie, à la fois stratégique et exemplaire, a expliqué Dewi, peut devenir un outil pour réconcilier le monde musulman
avec le monde occidental. Il faut que l’Indonésie se saisisse
de cette chance dans sa politique extérieure. Cela l’aidera à
se refaire une image positive aux yeux du monde international,
à savoir que le plus grand pays musulman du monde est aussi la
troisième plus grande démocratie du monde. L’Indonésie peut
apporter la preuve que l’islam ne s’oppose par à la modernité
et elle est appelée à devenir un arbitre actif dans le jeux
d’échecs mondial, en particulier au Moyen-Orient.
Si
cette image positive existe bien sur le plan sociologique, a
poursuivi Dewi Fortuna, les moyens financiers ainsi que les
ressources humaines pour lui faire jouer un rôle réel dans la
politique mondial sont plus que limités. Sans parler de la
situation économique en Indonésie même, qui ne fait
qu’empirer.
Le
Directeur Exécutif du Centre International pour l’Islam et le
Pluralisme, Syafi’i Anwar, a rappelé les efforts entrepris
pour réduire les stéréotypes de l’Occident vis-à-vis de
l’islam, mais aussi la difficulté toujours plus grande d’y
mettre fin. Ceci est dû à la politique de nombreux pays
occidentaux qui considèrent l’islam comme leur ennemi. Syafi’i
Anwar a donné l’exemple de la politique du Président George W
Bush en Irak, en Palestine et en Afghanistan, qui blesse
profondément toute la communauté musulmane dans le monde. « Je
ne peux même plus compter le nombre de rencontres
interreligieuses qui ont été organisées. Mais la politique de
l’Occident vis-à-vis des nations musulmanes est encore marquée
par de lourds préjugés », a-t-il déclaré. Selon Syafi’i Anwar,
cela prouve que le dialogue interreligieux n’est pas capable
d’influencer la politique étrangère des pays occidentaux. Ce
dialogue doit être suivi de mesures concrètes, comme par
exemple la formation d’une alliance interreligieuse. |