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Soufisme

2 décembre 2006 à Saint Denis

Article publié dans la revue « citoyens » n°322 de janvier 07

Conférence/débat « La politique au risque de la spiritualité »

Yvon Puech

 

 

Il est des images qui valent de longs discours. Elles vous accompagnent longtemps après que vous les avez entendues. Ainsi du cercle des vertus et des qualités.

Il faut dire que le cheikh Khaled Bentounès, représentant de la tradition soufie et écrivain, est un orateur remarquable. Il vous emporte une salle et la ravit.

De la spiritualité, il dit que c'est « la force motrice qui donne à l'humain sa plénitude ». C'est de lui que j'ai reçu l'image du cercle, le cercle des vertus et des qualités, comme il dit. 

Paroles du cheikh Khaled Bentounès

Si la politique est la gestion de la cité des hommes, la spiritualité est la gestion de notre cité intérieure. Elle aide l'individu à aller dans le sens du bien, de l'unité, de la fraternité. Elle n'est pas vouée à exclure la politique, mais au contraire, à lui donner un sens, à l'humaniser.

 

Si vous en avez assez du triangle ou de la pyramide pour représenter la société, essayer donc le cercle.

Car le triangle et la pyramide sont pleins de problèmes. Ceux qui sont à un sommet d'un triangle voudraient bien être à l'autre, et les autres de même : c'est le conflit assuré. De même ceux qui sont en bas de la pyramide aimeraient bien aller en haut; oui, mais ceux qui sont en haut ne sont pas prêts à céder leur place. Vous devinez la suite interminable.

Avec le cercle c'est autre chose.

Chacun est à la fois le premier et le dernier, à égale distance du centre, et le centre n'est occupé par personne. Il est vide; il n'appartient à personne et permet la rencontre de tous. C'est le centre, passage obligé, qui permet la rencontre de tous : la roue ne peut fonctionner qu'avec des rayons. On peut donc échanger, en passant par le centre, même quand on est en face, quand on est dans les contraires, en contradiction. A condition bien sûr de ne pas se placer au centre...

A chacun d'assumer sa responsabilité dans la liberté, en sachant que sans l'autre je ne suis rien; à tous de produire du sens, de la fraternité, de la justice, de l'égalité.

C'est à cela qu'invite le cercle des vertus et de l'égalité.