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« On
ne se trempe jamais dans le même fleuve. » Cette maxime
antique devrait nous faire retrouver le sens du temps. Dans
cet entretien avec le chef de la confrérie Alawïa, nos entrons
dans une dimension du temps qui est celle de l’éternité. Une
vision rafraîchissante.
Le maître soufi nous rappelle
ce prodige incroyable, il n’y a pas deux fleurs, deux flocons
de neige, deux humains identiques. Chacun de nous est unique,
à l’image de l’Unique. Pourquoi y aurait-il donc une seule
religion pour tous ? La multiplicité des croyances, dit-il,
est voulue par Dieu.
Cheikh
Bentounès :
Les prophètes des religions sont comme les différents grains
d’un chapelet et la spiritualité est le fil qui relie
l’ensemble des grains. Tous les prophètes sont ainsi reliés
les uns aux autres au-delà de leurs différences. Cette image
n’enferme pas dans le dogmatisme d’un seul message, mais ouvre
sur le message primordial, l’unité qui n’a pas de nom, la
religion sans nom, celle de la transcendance. Ainsi le message
d’Adam devient aussi vivant que le message de Noé, d’Abraham,
de Moïse, de Jésus, de Mohammed : c’est une continuité, il n’y
a pas de rupture. En fait, chaque messager vient apporter une
révélation afin que l’homme puisse retrouver l’universalisme
en lui. Il n’y a pas opposition mais harmonie entre l’homme et
tous les messages qui ont été révélés à l’humanité. On ne vit
alors plus dans cette antinomie : moi, j’ai la vérité, l’autre
est dans l’erreur, ma religion est la meilleure, etc.
Nouvelles Clés :
On peut dire que cela pourrait être vrai dans l’absolu :
malheureusement, dans la réalité, cela s’avère faux puisque
particularismes et sectarismes ne font que croître...
C.B. :
Mais notre réalité n’est que relative nous ne sommes qu’un
instant du temps. Nous ne voyons ni ne considérons la réalité
dans son éternité. Le Prophète disait : « Ne médisez pas le
temps, car le temps c’est Dieu. » C’est le temps qui enfante,
c’est de lui que nous venons et c’est à lui que nous
retournerons : cela est vrai pour tous les éléments de notre
réalité. La réalité d’aujourd’hui, évidente pour nous, change
sans cesse.
N.C. :
Comment voyez-vous la spiritualité du siècle à venir ? D’un
côté il y a les intégrismes, de l’autre une tendance à
l’universalisme. Mais le futur semble glauque...
C.B. :
L’homme de demain sera universel ou bien se sera transformé en
une sorte de machine pensante. Si on veut garder l’humanité en
nous, c’est dans l’universalisme que se trouvel’avenir. Et
tous les intégrismes nous rappellent cela : ils viennent des
conservatismes qui ne veulent pas être dérangés dans l’ordre -
philosophique, moral et religieux - qu’ils ont créé et dans la
sphère qu’ils contrôlent : tout cela est figé dans le temps.
Toutes les écoles exotériques nous donnent des vérités toute
faites alors que la vraie spiritualité nous pousse à nous
réaliser, à partir en quête. La recherche intérieure pousse
l’être à aller vers ses possibilités à lui, celles qu’il
ignore - elle ne lui donne pas la vérité toute emballée.
D’ailleurs, ramener tout à un seul chemin, revient à diminuer
la grandeur de l’absolu, diminuer l’immense possibilité
divine, les ramener à une échelle humaine. Chaque être humain,
chaque fleur, chaque goutte d’eau, chaque flocon de neige,
chaque feuille d’arbre... a sa spécifité. Chaque graine a son
identité. Il n’y a pas deux empreintes digitales pareilles au
monde ! C’est cela, le mystère de l’immense puissance divine,
qui crée à chaque fois une unité à son image, donc unique !
Elle donne existence à une création nouvelle qui ne ressemble
pas à une autre et ce parce qu’elle vient de l’Unique, qui ne
refait pas les mêmes choses à l’identique mais les fait à
chaque fois différentes pour les marquer d’une empreinte
unique. L’avenir s’éclaircira quand les hommes auront compris
que cette différence entre chacun est une immense miséricorde
pour nous tous. Et le fait qu’il y ait plusieurs façons de
voir les choses, plusieurs messages, plusieurs philosophies
qui abordent les choses de façon nouvelle et différente, fait
partie de cette volonté divine. Cette multiplicité dans sa
diversité n’est pas humaine, elle est divine, pour me rappeler
sans cesse l’unité. Celui qui comprend cela, va vivre dans un
environnement à la fois universel et fécond pour lui, parce
qu’il va puiser dans la totalité de l’héritage de l’humanité.
Si on apprenait à nos enfants dans les écoles que le message
d’Adam, de Noé, d’Abraham, de Moïse, de Jésus, de Mohammed, de
Bouddha, de Lao-tseu... sont des messages non contradictoires
mais complémentaires ? Et cela pour qu’ils aient la
possibilité de puiser dans ces traditions afin de les vivre,
de les sentir, de les approcher sans les cloîtrer ni les
castrer en des systèmes qui finissent par enfermer les esprits
et créer des catastrophes. L’être humain doit comprendre la
spiritualité au sens large.
N.C. :
Mais n’est-ce pas aussi le désespoir qui mène la danse ? La
misère matérielle et affective ne pousse-t-elle pas vers le
fanatisme et l’intégrisme ?
C.B. :
L’injustice joue bien sûr son rôle. Quand un jeune n’a pas
reçu d’éducation ou que celle-ci ne débouche sur rien, quand
il n’a pas de travail, que tout est bouché, il perd les
repères. Il n’est plus nourri, plus fortifié et se révolte
devant son manque d’avenir. Certains se contentent de se
révolter par la musique, la drogue, d’autres prennent les
armes et se font manipuler par des gens qui essaient de
prendre le pouvoir et leur vantent le mérite de devenir
« martyrs ». Les soufis résument cela en trois formules, ils
disent : l’exotérisme, c’est toi et moi, donc la dualité et
l’affrontement ; il y a toi ou il y a moi. L’ésotérisme change
de dimension en disant : toi c’est moi et moi c’est toi ; ce
qui te concerne me concerne, ce qui t’a fait pleurer me fait
pleurer, ce qui te donne de la joie me donne de la joie : il y
a un échange permanent. Et enfin, les soufis disent : la
connaissance ce n’est ni toi, ni moi, c’est Lui, c’est
l’absolu. Et là, tout s’estompe : le moi, l’ego disparaît
devant le divin, devant la vérité. Car nous sommes éphémères,
inscrits dans le temps, alors que Lui, il est dans le temps,
dans l’éternité. Ces formules marquent les trois étapes de
notre parcours : dans la première, c’est moi qui ai toujours
raison, je veux dominer, avoir la puissance sur l’autre. Le
monde d’aujourd’hui est devenu si exotérique que l’on
n’enseigne que cela : dans les mosquées, les églises, les
synagogues, les chapelles philosophiques, on enseigne l’éxotérisme.
On fortifie toujours le moi, et donc le toi et donc
l’affrontement. Et c’est ainsi que les hommes perdent
totalement la notion de cette unité transcendantale d’où ils
viennent, et qui est en eux, dans leur empreinte. On a détruit
des civilisations entières au nom de principes soit-disant
nobles, faits pour sauver l’homme, et qui ne visaient en fait
qu’à l’asservir et à le faire penser comme nous. Bien sûr, on
ne peut nier le moi : il existe, il a une réalité. Mais ce
moi, s’il ne se nourrit pas d’un universalisme, s’il n’intègre
pas la relation avec ses propres frères, avec la nature, les
détruit. Et l’on voit ce que l’être humain est en train de
faire : il détruit plusieurs règnes animaux et végétaux, il
pollue, il saccage la nature, il s’attaque à ses semblables.
N.C. :
Mais ne croyez-vous pas que ce processus risque d’être
irréversible ? On a l’impression que la machine s’est emballée
et que seul un accident l’arrêtera...
C.B. :C’est
comme pour un individu : la plupart du temps, il ne prend
conscience que lorsqu’il prend un choc ; un événement
dramatique lui ouvre parfois les yeux. À l’échelle de
l’humanité c’est pareil. Il lui faudra des chocs violents pour
mettre en doute sa conduite. Qui ignore aujourd’hui que le
chemin pris conduit à une impasse ? Quels sont les politiques,
les philosophes, les responsables qui ne le savent pas ? Tous
ces gens qui ont la responsabilité de gérer la société humaine
devraient changer de langage. Qui le fait ? Qui dit la
vérité ? On continue à vivre dans le mensonge, à nous cacher
la réalité tant qu’on peut, on essaye toujours de nous dominer
par des principes qui ne mènent nulle part. Nous sommes à un
seuil, à un tournant. Quand on voit le Premier ministre rabbin
assassiné : cela fait cinquante ans que Palestiniens et
Israéliens se font la guerre, s’entretuent. C’est un chemin
qui ne mène nulle part. Le seul qui va enfin vouloir la paix,
dialoguer avec les autres... est tué par les siens. Pourquoi ?
Car il a dérangé les intérêts. Par ailleurs, comment définir
la recherche d’un nouvel ordre mondial ? Par le dirigisme :
quelques-uns qui vont diriger les autres ! Vous parlez d’une
mondialisation ! Il faudrait en fait commencer par s’occuper
des plus pauvres, de ceux qui sont les plus nombreux sur
terre. Que craignent les puissants ? Si on donne aux plus
pauvres leur part, les riches s’en porteront encore mieux !
Mais si on se base sur la richesse éphémère, si on produit
encore plus de voitures, de gadgets, de machines pour ceux qui
en ont déjà et en sont saturés, et bien nous tombons en crise.
C’est ce qui est en train de se passer ici. Un pays qui est
arrivé à son seuil de richesse ne peut plus absorber cette
richesse. La seule façon pour lui de continuer à s’enrichir,
c’est de partager. C’est le principe des vases communicants :
si vous avez trop ici, laissez-en filer de l’autre côté. Cela
dissoudra l’animosité, créera des courants d’échange, de
pensées, de commerces. Un homme qui n’a pas faim et pas soif,
il recherche la paix pour lui et ses enfants. Mais celui qui
manque de tout et voit ses enfants mourir de faim, il va
indéniablement aller, tôt ou tard, vers la révolte. Il ne
pourra faire autrement pour tenter de sortir de l’humiliation,
de l’exploitation et de la misère. En quoi notre monde est-il
moderne ? La modernité devrait s’exprimer dans la relation
humaine et non dans des gadgets de plus en plus sophistiqués.
On est capable d’envoyer des fusées interstellaires mais pas
de nourrir les gens. Est-ce par impuissance ou parce qu’on
gère les problèmes de façon égoïste ? Comme disait le
Prophète : « Ne faites pas ce que vous n’avez pas envie que
l’on vous fasse. » Ce devrait être la première prise de
conscience. Mais on fait tout le contraire. Si on appliquait
ce simple bon sens, 50 % des problèmes sur la terre seraient
résolus.
N.C. :
Mais tout le travail de rééducation devrait commencer par la
jeunesse.
C.B. :Oui,
c’est vrai. Enfant, chez les soufis, on apprenait avec des
tablettes de bois recouvertes d’argile sur lesquelles on
écrivait. Quand la leçon était apprise, parfaitement sue, on
effaçait l’écriture et l’argile avec de l’eau et on
recommençait. Comment voulez-vous apprendre sans effacer ?
Lorsqu’on parle aux gens, aux adultes, on a l’impression
qu’ils connaissent tout sur tout : l’information les rend
arrogants. Leur tablette est pleine. Ils devaient l’effacer
pour apprendre à nouveau. Celui qui cherche à connaître la
vérité doit faire le vide sur sa connaissance : alors il
pourra trouver de quoi lui enseigner à nouveau.
N.C. :
C’est d’ailleurs le principe de base de toute la philosophie :
tabula rasa. Mais se pose alors le problème des instructeurs.
Comment changer l’éducation et faire bouger tout cela ? C’est
un des problèmes de notre époque.
C.B. :L’éducation
ne donne plus un enseignement d’éveil. Nous sommes devant un
vide grave car il y a peu de gens aujourd’hui qui savent
enseigner autant qu’apprendre.
N.C. :
Peut-on pousser la comparaison avec les instructeurs
spirituels ? Rares sont les vrais éveilleurs...
C.B. :Vous
savez, il y a des escrocs partout, et beaucoup de personnes
valables n’ont pas le don d’enseigner. De plus, les gens en
quête ne savent pas ce qu’ils cherchent, et souvent cherchent
des béquilles. Ils ne veulent pas marcher tout seuls : ils
veulent un père, une mère, un maître qui les prend par la
main. Ils ne veulent pas se libérer, trouver un enseignement
d’éveil pour être responsables de leurs actes, de leurs
paroles, de leurs agissements afin d’incarner eux-mêmes un
homme universel, non, non, ils veulent rester derrière
quelqu’un d’autre. C’est plus accommodant. Alors ils tombent
souvent sur des profiteurs. Suivre un enseignement véridique
est dérangeant car s’il éveille, il tranche aussi, il élague
les défauts et faiblesses. Pour dire : moi c’est toi et toi
c’est moi, il faut savoir agir dans la vie de tous les jours,
avec ses voisins, sa famille, la société. Donner, ne fût-ce
qu’un sourire, est parfois difficile ! Quelle est la
solution ? Je n’ai pas de recettes toute faites. Dieu seul
sait ! Mais on peut remarquer dans l’histoire qu’il y a
toujours un effet de balancier : plus on descend bas, plus on
remonte. Je crois qu’on va vivre des moments difficiles, que
l’humanité va être ébranlée dans ses fondements, religieux,
philosophiques, économiques, politiques... Le communisme s’est
effondré, le socialisme le suit, le capitalisme ne va guère
mieux - tout annonce une crise majeure. Dieu nous prend à
notre propre piège. Mais peut-être préparons nous ainsi le
retour du Messie
N.C. :
Ce retour du Messie est il vraiment annoncé dans la tradition
musulmane ?
C.B. :
Mais oui, le prophète a annoncé le retour du Messie, le retour
de Jésus, en disant qu’il reviendra à la fin des temps,
plusieurs haddiths en parlent. Dans l’Islam, je le répète, il
y a trois sortes de mondes : celui de la réalité temporelle,
de cause à effet, des phénomènes ; puis celui de la réalité
spirituelle, subtile, imaginale - pas imaginaire ! - un
éternel présent qui fait que le moment de notre rencontre dans
cette maison était déjà en puissance dans le Big Bang il y a
quinze milliards d’années ; et enfin, celui du Monde supérieur
à tout, ni imaginable ni réfléchissable, impénétrable - un
monde autre. Dans cette perspective Jésus était, est et sera.
Il y a ceux qui l’ont vécu, ceux qui le vivent et ceux qui le
vivront. Vous savez, de plus en plus de personnes vont se
rendre compte que tous les vieux livres sacrés portent en eux
une réalité qui n’a rien de virtuel. Le passé porte en lui les
germes d’un savoir qui va rejaillir. Plus noir sera le
présent, plus la lumière jaillira. Dans la profession de foi,
il faut d’abord nier Dieu il n’y a de Dieu... ; puis vient
l’autre stade ... que Dieu. Nous sommes dans la phase de
négation. Celle de l’affirmation viendra.
N.C. :
Dans votre livre vous êtes critique envers les techniques
d’éveil qui aident pourtant beaucoup de gens. Et je sais
pourtant que les souris emploient beaucoup de moyens pratiques
adaptés à chacun.
C.B. :Je
dis simplement que réduire la spiritualité à des techniques
est une erreur considérable. Les techniques sont des outils,
non des buts. Si on s’attache aux pratiques, on tombe dans un
nouveau piège qui vous lie. Il ne faut pas confondre les
moyens et le but. À quoi sert de savoir boire de l’eau
bouillante et de marcher sur des braises si l’on reste aveugle
à la vérité ? Aujourd’hui, on propose des techniques
soit-disant pour mieux vendre ou mieux parler. Vendre quoi et
parler de quoi ? Même si l’on emploie des techniques, il faut
savoir rester humble ; l’humilité reste la grande clé. La vie
est amour, le reste est de la blague. Celui qui n’aime pas
l’humanité n’aime pas Dieu, celui qui n’aime pas les créatures
ne peut pas aimer le Créateur.
N.C. :
Mais la voie de l’humilité peut-elle répondre au désespoir ?
Quel bien peut attendre de l’abandon de l’ego un désespéré ?
C.B. :Il
faut s’entendre sur les mots. Je n’abandonne pas le moi pour
m’aplatir devant un autre ou devant une instance quelconque.
Je ne suis pas humble en échange de. C’est un état d’être. Je
ne me soumets pas à qui ce soit, je suis en état d’humilité
face à l’absolu et sans contrepartie. J’ai rencontré des
jeunes de banlieue, drogués, révoltés, désespérés, et leur ai
rappelé que, dans notre tradition, la pauvreté était une voie
de réalisation, mais uniquement si elle était volontaire.
Alors je leur dis : transformez votre déchéance en pauvreté
volontaire. Ainsi, vous ne serez plus des marginaux, des
exclus. De toute façon vous n’avez rien à perdre : passez dans
une autre dimension.
N.C. :
C’est un peu ce que l’abbé Pierre avait fait avec les pèlerins
d’Emmaüs : redonner une dignité à la pauvreté.. Quelles sont
les réactions de vos auditeurs ?
C.B. :
Ils sont complètement étonnés (rires). Mais il y a un déclic,
une lueur d’espoir. Ces gens, qui sont à la limite extrême,
voient poindre une espérance. Et là, il y a quelque chose qui
se passe dans leurs yeux. Surtout chez les femmes. Après,
évidemment, il faut donner un coup de main pour qu’ils se
relèvent et sortent de l’état de vagabonds assistés. Car la
société crée des marginaux et les entretient ! Mais le
problème n’est pas uniquement là : il faut changer d’état de
conscience et nourrir l’homme avec de l’universel.
N.C. :
Que diriez-vous du mal, de l’esprit du mal ?
C.B. :
Ecoutez, on ne va pas entrer dans le riche symbolisme de
Satan. Chez les soufis, le mal montre ce qu’il ne faut pas
faire. Le mal est le grand éducateur, il indique où ne pas
aller. Il dit : « Ici, danger. »
N.C. :
Comment bien éduquer les enfants ?
C.B. :
Très tôt, il faut leur inculquer les grandes valeurs
universelles, rappelées par toutes les traditions - l’amour du
prochain et le partage : sache que si tu as un morceau de pain
et que l’autre n’en a pas, tôt ou tard il se révoltera contre
toi. Donc si tu manges tout, tu seras malade et l’autre sera
lésé, tandis que si tu partages, tu t’en feras un ami qui
saura échanger à son tour. Considérer la guerre comme une
maladie, une tare, un fléau. Leur redonner le sens de la
noblesse et des belles actions. Et puis faire respecter les
temples de Dieu quels qu’il soient comme des endroits où l’on
vient ouvrir son coeur et non comme des lieux de haine où l’on
apprend l’intégrisme. Leur inculquer la fraternité avec la
création : nous sommes une famille parmi les familles qui
peuplent cette planète. Respecter l’arbre, l’animal. « Nous
sommes tous d’Adam », disait le Prophète, nous sommes tous de
Terre. Rendre Noé vivant : par l’arche, il a sauvé l’humanité.
Et le prophète a dit aussi : « Si tu as un arbre à la main et
que la fin arrive, prend le temps de planter l’arbre. » |