L'Islam

L'UNIVERSALISME DE L'ISLAM

 

 

« Ceux qui croient,

Ceux qui pratiquent le Judaïsme,

Ceux qui sont Chrétiens ou sabéens,

Ceux qui croient en Dieu et au dernier Jour,

Ceux qui font le bien :

Voilà ceux qui trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur.

Ils n'éprouveront plus alors aucune crainte, ils ne seront pas affligés »  (Cor’ân II, 62) [1]

 

Dis :

« Nous croyons en Dieu;

 à ce qui nous a été révélé ;

 à ce qui a été révélé à Abraham, â Ismaël, â Jacob et aux tribus ;

 à ce qui a été donné à Moïse, à Jésus, aux prophètes, de la part de leur Seigneur.

Nous n'avons pas de préférence pour l'un d'entre eux ; nous sommes soumis à Dieu. » (Cor’ân II, 136) [2]

 

« La piété ne consiste pas à tourner votre face vers l'Orient ou vers l'Occident.

L'homme bon est celui qui croit en Dieu, au Dernier Jour, aux anges, au Livre et aux prophètes.

Celui qui, pour l'amour de Dieu, donne de son bien à ses proches, aux orphelins, aux pauvres, au voyageur, aux mendiants et pour le rachat des captifs.

Celui qui s'acquitte de la prière ;

Celui qui fait l'aumône.

Ceux qui remplissent leurs engagements ;

Ceux qui sont patients dans l'adversité, le malheur, et au moment du danger :

Voilà ceux qui sont justes !

Voilà ceux qui craignent Dieu ! » (Cor’ân II, 177) [3]

 

 

. J'ai réfléchi sur les dénominations confessionnelles; faisant effort pour les comprendre, et je les considère comme un Principe unique à ramifications nombreuses.

Ne demande donc pas à un homme d'adopter telle dénomination confessionnelle, car cela l'écarterait du Principe fondamental, et certes c'est ce Principe Lui-même qui doit venir le chercher, Lui en qui s'élucident toutes les grandeurs et toutes les significations ; et l'homme, alors, comprendra. [4]

Hallâj

 

. Il existe bien des chemins de recherche, mais la recherche est toujours la même. Ne vois-tu pas que les chemins qui conduisent à La Mecque sont divers, l'un venant de Byzance, l'autre de Syrie, et d'autres encore passant par la terre ou la mer ? Par conséquent, la distance de ces chemins à parcourir est chaque fois différente ; mais, lorsqu'ils aboutissent, les controverses, les discussions et les divergences de vues disparaissent, car les coeurs s'unissent... Cet élan du cœur n'est ni la foi, ni l'infidélité, mais l'amour. [5]

Rûmî

 

. L’impiété et la foi courent toutes deux sur le chemin de Dieu.

Sanâ'î

 

. Celui qui est fixé sur telle adoration particulière ignore nécessairement (la vérité intrinsèque d'autres croyances), par là-même que sa croyance en Dieu implique une négation d'autres formes de croyance. S'il connaissait le sens de la parole de Junayd : «  La couleur de l'eau, c'est la couleur de son récipient », il admettrait la validité de toute croyance, et il reconnaîtrait Dieu en toute forme et en tout objet de foi.

C'est qu'il n'a pas la connaissance (de Dieu), mais se fonde uniquement sur l'opinion dont parle la parole divine : «  Je Me conforme à l'opinion que Mon serviteur se fait de Moi », ce qui veut dire : Je ne Me manifeste à Mon adorateur que sous la forme de sa croyance ; donc qu'il généralise, s'il veut, ou qu'il détermine. La divinité conforme à la croyance est celle qui peut être définie, et c'est Elle, le Dieu que le cœur peut contenir (selon la parole divine : «  Ni Mes cieux, ni Ma terre ne peuvent Me contenir, mais le cœur de Mon serviteur fidèle Me contient »). Car la divinité absolue ne peut être contenue par aucune chose, puisqu’Elle est l'essence même des choses et Sa propre essence. [6]

Ibn Arabi

 

. […] notre Dieu, celui des chrétiens, des juifs, des sabéens et de toutes les sectes égarées, est Un, ainsi qu’Il nous l’a enseigné. Mais Il S’est manifesté à nous par une théophanie différente de celle par laquelle Il S’est manifesté dans Sa révélation aux chrétiens, aux juifs et aux autres sectes. […] Il y a donc en fait unanimité des religions quant à l’objet de l’adoration – cette adoration étant co-naturelle à toutes les créatures, même si peu d’entre elles en ont conscience  – [...]. [7]

                                                                                                                                 Abd el-Kader (l’émir)

 


 

 

1. Traduction de Denise Masson, Paris, 1967. Gallimard éd.

2. Même traductrice.

3. Même traductrice.

4. Al-Hallâj : divan. traduction de Louis Massignon, Paris, 1953, Cahiers du Sud éd. Réédition éd. du Seuil, 1981.

5. Rûmî : Le Livre du Dedans. Paris, 1975, Sindbad éd. chapitre 23.

6. Ibn -ul-'Arabi : La sagesse des Prophètes, Paris 1974 Albin Michel ed.

7. Ecrits spirituels ed. Seuil 1982