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'Abdallah
ibn Rabâh et Abû Qatâda racontent ce qui suit : " Nous nous trouvions
avec le Commandeur des croyants, 'Uthmân, le jour où sa maison fut
attaquée. Ses esclaves, voyant la foule des rebelles rassemblée à la
porte, prirent les armes, 'Uthmân dit : " Celui d'entre vous qui ne
prend pas les armes est affranchi."
'' Nous
sortîmes de la maison par peur. Hasan ibn 'Alî nous rencontra en chemin
et nous retournâmes avec lui auprès de 'Uthmân, pour savoir pourquoi
Hasan ibn 'Alî était venu. Après qu'il eût salué 'Uthmân et lui eût
témoigné sa peine de ce qui se passait, il lui dit : " Ô Commandeur des
croyants, je n'ose pas tirer l'épée contre des musulmans sans ton ordre,
Tu es le véritable imâm. Donne l'ordre, et je réglerai cette affaire. "
'Uthmân répondit : " Ô mon fils, rentre chez toi et assieds-toi là
jusqu'à ce que Dieu décide ce qui doit arriver. Nous ne désirons pas
verser le sang des musulmans " Ces paroles témoignent de la résignation
à l'heure du malheur, et montrent que celui qui les avait dites était
parvenu au rang de l'amitié avec Dieu. De même, quand Nemrod alluma un
feu pour y jeter Abraham, l'ange Gabriel vint vers Abraham et lui dit :
" Désires-tu quelque chose ? " Il répondit : " De toi, non. " Gabriel
dit : " Alors, demande à Dieu. " Il répondit : " Puisqu'il sait dans
quelle situation je me trouve, je n'ai pas besoin de Lui demander. "
Ici, 'Uthmân
était dans la situation de l'Ami de Dieu (Abraham) et la rébellion était
comme le feu, et Hasan remplaçait Gabriel : mais Abraham fut sauvé
tandis qu'Uthmân périt. Le salut se rattache à la subsistance (baqâ) et
la destruction à l'annihilation (fanât) ; nous en avons parlé plus haut.
Les soufis prenaient 'Uthmân pour modèle dans le sacrifice de la vie et
de la propriété, dans la soumission à Dieu et dans la dévotion sincère. |