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Dans
la lignée de l'imam Al-Ghazâlî
René Guénon naquit à Blois le 15 novembre 1886, dans une
famille française aisée et très catholique.
Son père était un architecte notable. La vie de Guénon,
qui ne se distingue pas par des événements marquants, fut paisible et calme.
Dès son enfance apparaissent les signes d'une intelligence aiguë. Il débuta
son instruction dans la région où il grandit, et il fut toujours au-dessus
de ses camarades de classe. Après avoir remporté plusieurs prix qu'on
décernait aux plus doués, il obtint son baccalauréat en 1904. Il monta
aussitôt à Paris où il séjourna deux ans pour préparer la licence.
Toutefois, Paris ne l'appelait pas à poursuivre ses études universitaires
limitées : d'autres portes s'ouvraient à lui, toutes aussi plaisantes
qu'attrayantes. Il ne s'agissait point de plaisirs des sens ou autres
satisfactions matérielles. S'il est vrai que Paris procurait ce genre de
plaisirs aux matérialistes sentimentalistes, cette ville offrait aussi
certains agréments spirituels qui nourrissaient les consciences qui ne sont
pas illusionnées par le monde d'ici-bas et par ses beautés.
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René
Guénon était justement de ce dernier genre : aspirant à la Connaissance,
dans le sens ésotérique du terme, il portait ses regards vers le Ciel
dont il voulait déchirer les voiles, lever les mystères pour atteindre
la Vérité. Il était tout à fait semblable en cela à l'imam Al-Ghazâlî.
Si nous devions définir la situation de Guénon, nous ne trouverions rien
de mieux que ces paroles de l'imam Al-Ghazâlî parlant de lui-même :
« Dès
ma plus tendre enfance, voire ma puberté et bien avant mes vingt ans,
jusqu'à ce jour - où j'ai dépassé la cinquantaine -, je n'ai eu de cesse
de me plonger dans les abysses de cet océan profond [l'océan de la
connaissance], m'immergeant dans ses flots avec audace, précaution, sans
lâcheté ni méfiance. Je creuse tout problème obscur et affronte toute
question compliquée. Je m'intéresse à tous les cas difficiles, scrutant
les croyances de chaque secte, cherchant à découvrir les subtilités
doctrinales de tous les groupes, et ce, afin d'y démêler le vrai du faux
et d'y distinguer ce qui est conforme à la tradition prophétique de ce
qui relève de l'innovation. Je désire saisir ce que cache l'ésotériste
(bâtinî).
Je
veux savoir ce que le littéraliste
(zhâhirî)
tire
de son littéralisme, et atteindre le fond de la pensée du philosophe. Je
m'efforce de comprendre en profondeur le système dialectique du
théologien. Je désire ardemment découvrir le secret de la pureté du
soufi. J'observe attentivement ce que le dévot récolte de sa dévotion.
Quant à l'hérétique, je cherche à comprendre, au-delà de sa négation,
les raisons d'une telle audace et hérésie. |
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« La soif de découvrir la réalité profonde des choses
(haqâ'iq al-umûr)
fut très
tôt, chez moi, une habitude, une pratique courante, une tendance instinctive
: c'était une disposition naturelle
(fitra)
que Dieu
avait mise en moi, sans choix ni savoir-faire de ma part. A l'approche de
l'adolescence, les liens du conformisme aveugle
(taqlîd)
se dénouèrent en moi et les croyances
héritées se brisèrent. »[1]
Tel était exactement le cas de René Guénon. Il sentait le
besoin de s'éloigner des cérémonials et des formalismes, alors que Paris lui
découvrait nombre de ses aspects liés à la culture et à la spiritualité. La
ville regorgeait d'écoles de pensée très diverses. Il y avait, d'une part,
la maçonnerie ainsi que des groupes se réclamant de l'Inde, du Tibet ou de
la Chine, et, d'autre part, des spiritualistes de différentes tendances,
parfois même en opposition. Mais on trouvait également ceux qui pratiquaient
la sorcellerie, l'astrologie, l' « évocation des esprits », etc.
René Guénon abandonna sans regret ses études à
l'université, pour s'abreuver à ces multiples sources. Il s'affilia à
certaines, se rapprocha d'autres, prit connaissance du but
qu'elles s'assignaient, et participa même à leurs activités. Il y obtint des
grades élevés.
Le lien étroit qu'il entretenait avec ces écoles fut la
cause directe de sa rupture avec la plupart d'entre elles. Il se rendit
compte, en effet, de ce qu'il y avait de bon et de mauvais en elles, et son
œil critique, ainsi que sa ferme conviction, le conduisirent à la certitude
que toutes ces écoles n'étaient que des formes trompeuses qui n'amenaient
pas véritablement l'homme à la connaissance métaphysique ou au dévoilement.
Il se sépara donc d'elles peu à peu.
Aussitôt débarrassé de ces relations tendancieuses, René
Guénon fonda en 1909 une revue nommée
La Gnose.
Cette
revue présentait un caractère ésotérique similaire à celui qui avait
caractérisé une revue précédente :
La Voie.
C'est un
intellectuel français du nom de Champrenaud qui supervisait la ligne
éditrice de cette dernière revue tout en prenant part à sa publication.
Champrenaud était entré en islam sous le nom de 'Abd-al-Haqq. La revue parut
de 1904 à 1907 quand, pour des raisons matérielles, l'édition s'acheva, une
période au cours de laquelle René Guénon fit la connaissance de 'Abd-al-Haqq.
Ce dernier l'aidera ensuite à la rédaction de la nouvelle revue
La Gnose,
où furent
publiées des études sur l'islam, sur l'hindouisme et sur le bouddhisme. En
même temps, la revue critiquait et dénonçait les déviations et les erreurs
des écoles qui se rattachaient au spiritualisme.
La parution de
La Gnose
se
poursuivit jusqu'en 1912, année où Guénon entra en islam, sous le nom de «
Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ ».
Comment Guénon a-t-il embrassé l'islam ? Pourquoi et par
la main de qui ? Ce sont des questions que les Occidentaux ont posées. Ils
ont émis différentes hypothèses pour y répondre, mais leurs opinions sont
restées à ce stade.
René
Guénon
a dit
qu'il était entré en contact direct avec des représentants des traditions
orientales. Comment ? Et avec qui? De plus,
Guénon
a dédié
l'un de ses livres au Shaykh
Abd-ar-Rahmân 'Illaysh. Qui est ce Shaykh
? Comment Guénon l'a-t-il connu ? Est-ce lui qui l'a guidé vers l'islam ? Et
comment?
Toutes ces questions étaient restées obscures jusqu'à ce
que le professeur Vâlsan y réponde — celui-ci embrassa l'islam et maîtrisait
parfaitement la langue du Coran — de façon brillante à travers une recherche
exhaustive qui est parue dans le numéro de janvier-février 1953 de la revue
française
Etudes traditionnelles.
Nous
résumons cette recherche dans ce qui suit.
Le Shaykh 'Illaysh et le Shaykh 'Abd-al-Wâhid
Yahyâ
Le lien entre le Shaykh al-Akbar, sayyidunâ Muhyî-d-dîn
ibn 'Arabî, et le Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ est évident. Guénon est devenu
musulman par le biais d'un maître qui se rattachait à la spiritualité du
Shaykh al-Akbar, à savoir le Shaykh 'Illaysh al-Kabîr, auquel Guénon a dédié
l'un de ses livres, en ces termes : « A la mémoire vénérée de Esh-Sheikh
Abder-Rahmân Elîsh El-Kebîr, El-Alim, El-Malki, El-Maghribi, à qui est due
la première idée de ce livre. Meçr el-Qâhirah 1329-1349 H. »
Le Shaykh 'Illaysh était issu d'une famille
marocaine dont le membre le plus connu est le Shaykh Muhammad 'Illaysh
al-Kabîr (1218-1299 H.). Le Shaykh Muhammad 'Illaysh étudia à l'Université
d'al-Azhar, puis y enseigna à partir de 1245 H. Plus de deux cent étudiants
suivaient ses leçons. Il accéda à la fonction de Shaykh al-Mâlikî et de
Mufti des territoires égyptiens en 1270 H. On dit à son sujet que « de son
vivant, il employait son temps à la rédaction, à l'enseignement, au service
d'adoration, il se détournait de ce bas monde et de ses gens, et était
irréprochable vis-à-vis de Dieu. » Il a écrit de nombreux ouvrages touchant
les différentes sciences qui sont enseignées à al-Azhar.[2]
Ce shaykh égyptien nous intéresse, à un autre égard, car en dehors de sa
qualité initiatique qui était des plus hautes, il en avait une autre. Guénon
expliquait, en effet [, dans une lettre à Michel Vâlsan] : « Le Cheikh Elîsh
était le Cheikh d'une branche shâdhilite, et en même temps Cheikh du madhhab
mâleki à El-Azhar. »
La Shâdhiliyya est une organisation initiatique fondée,
au Vllème siècle de l'Hégire, par le Shaykh Abû-l-Hasan ash-Shâdhilî, l'une
des plus grandes figures spirituelles de l'islam. Ainsi, le Shaykh auquel
était rattaché René Guénon réunissait les deux aspects que sont la
haqîqa
et la
sharî'a :
il était
shaykh d'une
tarîqa
et shaykh
d'un
madhhab[3].
Ce fait
important témoigne de l'orthodoxie islamique de son disciple.
On remarquera que c'est ce maître qui eut la première
idée du livre du Shaykh 'Abd-al-Wâhid Yahyâ :
Le symbolisme de la croix.
Puisque
ce maître ouvrit la voie à Guénon et le guida, il est bon d'informer les
lecteurs à son propos et à propos de l'intermédiaire qu'il y avait entre le
Shaykh 'Illaysh et Guénon. Les renseignements qui suivent sont tirés de la
revue arabo-italienne qui était éditée au Caire en 1907 :
an-Nâdî.
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L'esprit qui gouvernait cette revue était celui du Shaykh al-Akbar Muhyî-d-dîn
Ibn 'Arabî. Cette revue a joué un rôle de précurseur par rapport à
d'autres revues qui parurent en France par la suite, et auxquelles
Guénon participa largement. 'Abd-al-Hâdî (Abdul-Hâdi) était l'un des
plus brillants rédacteurs de la revue, tant pour la partie arabe que
pour la partie italienne. D'origine lituano-finlandaise et chrétienne,
Ivan Gustaf de son nom d'origine, se convertit à l'islam et apprit
l'arabe. Il publia des articles dans la revue, des éditions de traités
des maîtres de l'ésotérisme islamique, dont le Shaykh al-Akbar, et
des traductions de certains de ces textes. Il est beaucoup question dans
la revue
An-Nâdî
du
Shaykh 'Abd-ar-Rahmân 'Illaysh, qui rédigea lui-même un article sur
Muhyî-d-dîn ibn 'Arabî. |
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'Abd-al-Hâdî, qui était naturellement en rapport
personnel avec le Shaykh 'Abd-ar-Rahmân 'Illaysh, nous donne sur celui-ci de
précieux renseignements. Il le présente notamment comme « un des hommes les
plus célèbres de l'Islam, fils du restaurateur du rite malékite, et lui-même
un sage profond, respecté de tous, depuis les plus humbles jusqu'aux princes
et aux sultans, chef de beaucoup de confréries religieuses répandues dans
tout le monde musulman, enfin une autorité incontestable de l'Islam
ésotérique et exotérique, juridique et politique. Toutefois, son père et lui
se sont toujours tenus loin des intrigues politiques de toutes sortes. Leur
intégrité, leur austérité et leur profond savoir, unis à une ascendance
illustre, leur promettaient une position exceptionnellement prépondérante en
Islam ; ils n'en voulurent rien savoir.
« Ce qui a établi la légende de leur fanatisme, c'est une
fatwâ
restée célèbre, laquelle disait-on, eut pour conséquence
la révolte de 'Orâbî Pasha en 1882. [...] A la suite des événements de 1882,
les deux Cheikhs Elîsh, le père et le fils, furent jetés en prison et
condamnés à mort. Le père mourut en prison ; le fils fut gracié et exilé...
« La mauvaise fortune poursuivit le Cheikh jusque dans
son exil. Sa notoriété, sa naissance, son intégrité même, le rendaient
suspect ; et sous la sotte accusation d'aspirer au Califat universel du
monde musulman, pour son propre compte ou pour celui du sultan du Maroc, il
fut de nouveau mis en prison, cette fois sur l'ordre d'un prince musulman.
« Pendant deux ans, il resta dans une cellule immonde où
toute chose était pourriture, et où l'eau menaçait de faire irruption. Pour
l'épouvanter, on fit tuer devant lui des condamnés. Finalement, il eut sa
grâce on le fit sortir de prison, et on lui concéda un exil honorable à
Rhodes.
« Il avait séjourné encore à Damas, où le célèbre
adversaire des Français en Algérie, l'Emir Abd El-Kader, devint son ami et
condisciple dans le même enseignement spirituel [celui du Cheikh al-Akbar, à
l'étude duquel l'émir consacra son temps, dans la dernière partie de sa vie.
L'Emir avait financé la première édition imprimée de l'œuvre maîtresse du
Cheikh al-Akbar les
Futûhât al-Makkiyya
dont
l'étendue est d'environ 2500 pages.] Lorsque l'Emir mourut, le Cheikh lui
fit les derniers offices et l'enterra à Sâlihiyyé, à côté de la tombe même
du Grand Maître, le Cheikh Muhyî-d-dîn ibn 'Arabî.
« Amnistié par la reine Victoria, le Cheikh
rentra pour s'établir au Caire. De là, il irradie son influence bénéfique
dans le monde musulman non seulement comme sommité scientifique, mais encore
comme chef suprême de beaucoup de congrégations religieuses. Comme toujours,
il se maintient - et les siens avec lui - loin et au-dessus des petites
intrigues du jour, de la corruption et des cupidités qui allèchent l'âme.
Chaque fois que vous rencontrez en Orient un homme supérieur par le
caractère et le savoir, vous pourrez être sûr de vous trouver en présence
d'un "châdilite"[4].
Maintenant, c'est surtout par la vertu de la rectitude et de la haute
personnalité du Cheikh Elîsh que cette admirable congrégation maintient les
sublimes traditions de son fondateur, le Très Heureux, Abû-l-Hasan ach-Châdhilî,
à travers la contamination générale ».[5]
La revue
an-Nâdî
publia un
article du Shaykh 'Illaysh sur Muhyî-d-dîn, à la fin duquel il remerciait 'Abd-al-Hâdî
pour le noble service qu'il rendait à la civilisation en faisant connaître
Muhyî-d-dîn, puis il terminait en l'encourageant à continuer ses études sur
l'ésotérisme, sans se préoccuper de la haine de ceux qui ne comprennent pas
l'islam selon sa
haqîqa.
A peine l'article du Shaykh était-il publié que, dans le
numéro suivant, on annonçait qu'il venait de se constituer en Italie et en
Orient une société pour l'étude d'Ibn 'Arabî. La nouvelle société avait pris
le nom d'« Akbariyya » et se donnait pour orientation :
-
D'approfondir et de diffuser les
enseignements du Shaykh Muhyî-d-dîn, aussi bien exotériques qu'ésotériques,
par des éditions, traductions et commentaires des œuvres de celui-ci et de
ses disciples, ainsi que par des conférences et des réunions.
-
De réunir le plus grand nombre possible
d'amis et de disciples du Shaykh Ibn 'Arabî, pour former de cette façon, un
lien de fraternité et un rapprochement basé sur la solidarité intellectuelle
entre les élites d'Orient et d'Occident.
-
D'aider matériellement et d'encourager
moralement ceux qui suivent la voie qu'a tracée Muhyî-d-dîn ibn 'Arabî, et
surtout ceux qui, par la parole et les actes, œuvrent pour sa diffusion.
-
Le travail de la société s'étendra encore à
l'étude des Maîtres orientaux du soufisme, comme par exemple Jalâl-ad-Dîn ar-Rûmî,
mais le sujet principal restera Ibn 'Arabî.
-
La société ne s'occupera jamais de questions
politiques, quelles qu'elles soient, et ne sortira pas de la recherche
religieuse et sapientielle.
'Abd-al-Hâdî commença l'édition de ses études sur le
soufisme et, ayant eu l'heureuse fortune de trouver une vingtaine d'œuvres
d'Ibn 'Arabî, manuscrits rares et précieux, il entreprit de les analyser.
Malheureusement, la revue n'échappa pas au mal des ennemis du soufisme, et
elle dut s'interrompre. Suivant les conseils du Shaykh 'Illaysh, 'Abd-al-Hâdî
essaya d'établir un lien spirituel entre l'Orient et l'Occident, et partit
donc pour la France.
C'est là qu'il rencontra Guénon qui, à la même époque,
éditait
La Gnose.
'Abd-al-Hâdî,
à partir de 1910, prit une part sérieuse et active dans les activités de la
revue, par des études et surtout des traductions en langue française de
textes du soufisme. La compagnie de 'Abd-al-Hâdî permit à Guénon d'établir
un lien fort et solide avec le Shaykh 'Illaysh, notamment à travers une
relation épistolaire et des échanges de vues, qui aboutirent en 1912 à
l'entrée de Guénon en islam, après l'avoir amplement étudié.
La guerre, qui éclata en 1914, suspendit toutes activités
touchant à la religion, à l'esprit et à la pensée. 'Abd-al-Hâdî partit pour
l'Espagne, où il fut rappelé à Dieu en 1917 à Barcelone.
René Guénon resta seul en Europe à porter l'étendard du
jihâd,
continuant et développant ce qu'avait esquissé la « Akbariyya », cette
société qui suivait les traces du Shaykh al-Akbar Muhyî-d-dîn ibn 'Arabî.
Celui qui orienta Guénon dans cette direction est donc, en réalité, le
Shaykh 'Illaysh, qui ne fut que le miroir renvoyant l'image du Shaykh
al-Akbar, la plus éminente manifestation du
taçawwuf
et de la
doctrine islamique. Puisque le Shaykh 'Illaysh fut un mâlikite conservateur,
son soufisme ne sort pas du cadre des enseignements islamiques, et s'il en
va ainsi pour lui, il en va de même pour son disciple René Guénon.
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