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Le Cheikh Sidi Hadj Al-Mahdi
représente la grande figure solitaire par laquelle le message du Cheikh
Al-Alawi (m. 1934) a pu se perpétuer et s'amplifier au cœur même des
conditions les plus défavorables, dans un milieu et une époque ravagés
par la guerre, la haine, l’intolérance et l'abandon des valeurs
traditionnelles de l’islam.
Sa naissance le 26 février
1928 fut une immense réjouissance pour le Cheikh Al-Alawi qui espérait
du mariage de sa nièce, Lala Kheïra Benalioua, et du futur Cheikh Hadj
Adda Bentounès (m. 1952), un enfant qui soit le continuateur de cette
lignée spirituelle.
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Le Cheikh Al-Alawi organisa pour sa venue au monde
une très grande fête à laquelle beaucoup de gens furent invités. Il le
chérissait beaucoup et commença, dès cet instant, à lui donner une
éducation spécifique. A 6 ans, il récita le Coran pour la première fois,
pendant le mois de ramadan devant le Cheikh Al-Alawi et tous les foqaras.
Il termina l’apprentissage du Coran à l’âge de 9 ans, alors que,
malheureusement le Cheikh Al-Alawi n’était plus de ce monde ; mais la
symbolique de la récitation du Coran et de la direction de la prière
avaient fixé la continuité de la lignée spirituelle. Il partit à la
Mecque à l’âge de 11 ans, avec son père le Cheikh Hadj Adda qui avait
succédé au Cheikh Al-Alawi. Son père lui avait offert le pèlerinage
comme récompense pour avoir mémorisé les 60 chapitres du Coran et avoir
dirigé les prières du mois de ramadan « tarâwîh ».
Le Cheikh Sidi Hadj Al-Mahdi
représente la grande figure solitaire par laquelle le message du Cheikh
Al-Alawi (m. 1934) a pu se perpétuer et s'amplifier au cœur même des
conditions les plus défavorables, dans un milieu et une époque ravagés
par la guerre, la haine, l’intolérance et l'abandon des valeurs
traditionnelles de l’islam.
Sa naissance le 26 février
1928 fut une immense réjouissance pour le Cheikh Al-Alawi qui espérait
du mariage de sa nièce, Lala Kheïra Benalioua, et du futur Cheikh Hadj
Adda Bentounès (m. 1952), un enfant qui soit le continuateur de cette
lignée spirituelle. Le Cheikh Al-Alawi organisa pour sa venue au monde
une très grande fête à laquelle beaucoup de gens furent invités. |
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Il le
chérissait beaucoup et commença, dès cet instant, à lui donner une
éducation spécifique. A 6 ans, il récita le Coran pour la première fois,
pendant le mois de ramadan devant le Cheikh Al-Alawi et tous les foqaras.
Il termina l’apprentissage du Coran à l’âge de 9 ans, alors que,
malheureusement le Cheikh Al-Alawi n’était plus de ce monde ; mais la
symbolique de la récitation du Coran et de la direction de la prière
avaient fixé la continuité de la lignée spirituelle. Il partit à la
Mecque à l’âge de 11 ans, avec son père le Cheikh Hadj Adda qui avait
succédé au Cheikh Al-Alawi. Son père lui avait offert le pèlerinage
comme récompense pour avoir mémorisé les 60 chapitres du Coran et avoir
dirigé les prières du mois de ramadan « tarâwîh ».
Le Cheikh Al-Mahdi était un
homme très charismatique ; il avait un regard, un sourire qui lui
étaient très particuliers, une façon de dialoguer avec les autres, une
prestance, une force qui faisaient que l’on se trouvait d’emblée
subjugué par sa personnalité. Je crois que cette dimension charismatique
avait été perçue très tôt par le Cheikh Al-Alawi qui n’avait fait que la
cultiver et l’épanouir. L’âme du Cheikh Al-Mahdi avait été profondément
marquée par l’espoir qu’avait placé en lui le Cheikh Al-Alawi. Faisant
office de chauffeur pour le Cheikh Hadj Adda, il l’accompagnait dans ses
déplacements à travers tout le pays et à l’étranger. Au contact
permanent du Cheikh, il faisait un apprentissage quotidien. Il nous a
raconté ses conversations avec son père, lui passionné et exubérant,
alors que son père le tempérait avec douceur et sagesse, sans jamais le
brusquer. Le Cheikh Hadj Adda ne s’opposait pas aux assertions de son
fils, mais le guidait vers l’attitude adéquate par des indications et
non des ordres, avec subtilité et tempérance. Tout en excusant sa
jeunesse et son impatience, il le préparait à assumer le destin qui
l’attendait.
A la mort du Cheikh Hadj
Adda en juillet 1952, l’investiture du Cheikh Al-Mahdi se fit à
l’unanimité. Tous, le considéraient comme le successeur, non pas tant de
son père que du Cheikh Al-Alawi lui-même. Ceux-là même qui avaient plus
ou moins récusé la succession du père n’hésitèrent pas un instant pour
accepter celle du petit-fils considéré comme l’héritier logique et
direct du grand maître et saint du XXème siècle.
Le Cheikh Al-Mahdi vécut à
une époque douloureuse : la guerre d’Algérie. Sa fonction fut d’aider
les gens, d’entretenir l’espoir. Mais son enseignement spirituel
également forçat les hommes et les femmes à aller au-delà d’eux-mêmes, à
se grandir, à se sacrifier. Sa famille le voyait peu. Il voulait être
pilote de course, ce fut là son propre sacrifice, puisque son destin fut
d’assumer une fonction spirituelle dans le but de soulager les autres,
de les conseiller, de les abriter. Les événements qui traversaient le
pays à cette époque et les difficultés énormes qui se dressaient devant
la Tariqa lui rendirent la tâche encore plus ardue. Il parvint cependant
à préserver le dépôt sacré dont il avait la garde. Dès qu’il dut assumer
en 1952 la succession du Cheikh Hadj Adda, il manifesta une activité
extraordinaire qui fut loin d'être comprise ou appréciée à sa juste
valeur. Il faudrait là décrire l'homme qu'il fut ; et ce n'est pas aisé.
On pourrait dire de lui que le courage fut l’une de ses qualités
déterminantes. C'était un homme qui osait dire la vérité à voix haute et
forte quand tous se taisaient, même s'il devait lui en coûter. C'est peu
de dire qu'il vivait ce qu'il disait. Il se sacrifia littéralement pour
la cause de Dieu. C'était un homme en avance sur son temps et qui le
prouva par ses réalisations. Sans que la Tariqa ne perde rien de son
dépôt, ni de sa tradition extérieure, c'est lui qui donna l’amplitude
géographique qu'elle a aujourd'hui. C'est grâce à lui que de nombreux
occidentaux ont eu accès à la Connaissance qu'elle transmet encore
aujourd’hui.
Le Cheikh Sidi Hadj
Al-Mahdi était un homme pétri de générosité en dépit de son apparence
austère. Il était aimé des humbles, et ceux-ci formaient sa compagnie la
plus appréciée. Il aimait beaucoup la mer ; les pécheurs, les dockers,
tous ceux du petit peuple de Mostaganem étaient ses amis, ses proches;
et ils se souviennent de lui avec émotion. Du reste, son amour du peuple
algérien, son attachement au destin même du pays ont été remarqués de
tous ceux qui l'ont connu. Animé par une profonde compassion, il
fut un constructeur : c'est de son temps que furent ouvertes de
nombreuses Zawiya y compris en Occident. Il tenta toute sa vie de
s'opposer au déclin des traditions de l’islam, et il éprouva une immense
souffrance à la vue de l'indifférence des masses musulmanes devant la
perte de leur héritage sacré.
C'était un savant, subtil
lecteur et exégète du coran. Il avait fondé la Mosquée dite du Cheikh Al-Alawi à Mostaganem, qui devait servir d'institut coranique et
d'université traditionnelle, où les études auraient été conduites dans
l’esprit du Cheikh Al-Alawi. Malheureusement, dans la conjoncture peu
favorable de cette époque, ce projet ne put être mené à bien. Son époque
a été dramatique parce que, après la guerre, l’indépendance de l’Algérie
fut elle aussi un temps difficile. Une dictature d’Etat s’installa et
provoqua des ruptures et des déracinements. De par son idéal
révolutionnaire, l’Algérie, à l’échelle internationale, était citée en
exemple par les uns et redoutée par les autres, tandis qu’à l’intérieur
le pays perdait son héritage et son identité.
Le Cheikh Al-Mahdi a donné
un sens à tout cela, à la guerre, mais aussi à l’indépendance. Il s’est
surtout tourné vers les plus simples, vers les nécessiteux pour leur
offrir un sens, un modèle et un espoir de vie. Il développa les
activités humanitaires de la confrérie : la zawiya de Mostaganem fut
l'antenne de la Croix-Rouge et un centre d'accueil pour les réfugiés des
campagnes. On y soignait toute personne en détresse, algérienne ou
française. Il joua un grand rôle de médiateur entre pieds-noirs et
algériens et fut un important responsable de la résistance organisée.
Emprisonné, mis au secret sans cependant jamais être jugé, il fut
assigné à résidence à Gijel en 1971 par le gouvernement de Boumedienne.
La plupart des biens de la Tariqua furent saisis ainsi que de nombreux
documents. Enfin libéré, mais physiquement très affaibli, il reprit ses
activités et ses voyages en Europe où il laissa beaucoup d'amis et de
nouveaux disciples partout où il passait.
Il fut une véritable
charnière entre le Maghreb et l'Occident. Il mourut à 47 ans, le 24
avril 1975, en martyr de l’idéal spirituel qu’il portait en lui.
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