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La Voie 'Alawiya

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Cheikh  Sidi Muhyddîn Abdel Kader El-Jilani (...Suite)

 

 

Son rayonnement

 

Cheikh Abdel Kader El Jilani reçut l'Ijazah (autorisation et certificat d'un savant reconnu) et la direction de la tariqah (désigne en général une confrérie soufie) à l'âge de cinquante ans, de son Cheikh, le Cheikh Al-Mubarak Saïd. Peu de temps après avoir reçu le titre officiel de Cheikh At-Tariqah, on le reconnaissait dans la cité et ses environs comme un grand maître, et comme la source à laquelle tous les coeurs habités d'un désir ardent devaient se tourner pour trouver la guidance et l'illumination propres à diriger les cœurs sur la voie de l'amour divin et de l'inspiration divine.

Abdel Kader raconte : "Au commencement, seules quelques personnes fréquentaient mon groupe. Quand de plus en plus de gens eurent entendu parler de moi, l'école devint surpeuplée. Je pris alors l'habitude de m'installer dans la mosquée de Bab Al-Hilbah, qui finit par être trop petite pour accueillir le grand nombre de gens qui venaient m'écouter. Ils venaient même au milieu de la nuit, portant des lampes et des bougies pour voir. Finalement, le lieu ne pu contenir les foules, et on transporta la haire d'où j'enseignais sur une voie de circulation, puis dans les faubourgs de la ville, dans un endroit qui devint le nouveau lieu de rassemblement. Les gens y venaient à pied, à cheval, à dos de mule, d'âne ou de chameau. On pu voir jusqu'à soixante-dix mille auditeurs assistant à ces rassemblements". Le grand savant indien Cheikh Abu Al-Hasan dit à ce sujet : "Près de soixante-dix mille personnes assistaient à son assemblée. Plus de cinq milles juifs et chrétiens sont rentrés en islam par ses efforts."

Dans ces rassemblements, il conseillait aux gens de faire le bien, et les dissuadait de commettre le mal. Son conseil s'adressait aux ministres, aux gouverneurs, aux juges, à ses disciples et aux gens ordinaires. Selon l'Imam Ibn Kathir, le grand exégète et historien : "Il se tenait debout dans les mosquées et réprimandait publiquement les gouverneurs qui commettaient le mal. Il le faisait en présence de tous, qui pouvaient ainsi en témoigner, dans des interventions publiques. Il évitait toutes les formes de conciliations politique, et ne craignait personne quand il parlait, sinon Dieu le Tout Puissant. Aucun reproche ne l'affectait".

Un jour, comme le calife du monde islamique venait de nommer une personne injuste comme grand juge, Abdel Kader El Jilani se leva, dans la plus grande mosquée de Bagdad, pour prononcer le sermon du vendredi. Il s'y adressa directement au calife. Il dit : " Tu as désigné le pire des injustes pour juger des affaires des musulmans ! Que répondras-tu demain au Seigneur des mondes, au Plus Miséricordieux des miséricordieux ? " Entendant cela, le calife trembla de peur. Versant des larmes abondantes, il se hâta, après la prière, de démettre ce juge.

Abdel Kader appelait les gens à se corriger eux-mêmes, à purifier leur cœur et à en chasser l'amour excessif de la vie d'ici-bas. Il les pressait de remplir leur cœur de l'amour de Dieu, de Son Messager et de ses saints. Il les exhortait à suivre le Prophète dans chacun de leurs actes et chacune de leurs pensées, en tout comportement et en toute attitude. Il les exhortait à éviter l'hypocrisie, à chasser de leur cœur l'orgueil, l'auto satisfaction, la haine, l'hostilité, la jalousie, la tyrannie, la tromperie et la rancœur. Il appelait les gens à briser leur attachement à ce monde et à ceux qui en sont les esclaves, et de se tourner de tout leur cœur vers celui qui nourrit, Dieu le Tout Puissant, cherchant sa satisfaction, sa guidance, sa miséricorde et son pardon.

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