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C'est le
martyr de Kerbelâ et tous les soufis s'accordent à déclarer qu'il était
dans son bon droit. Tant que la vérité fut apparente, il la suivit ;
mais quand elle fut perdue, il tira son épée et ne se reposa pas avant
d'avoir sacrifié sa précieuse vie pour l'amour de Dieu. Le Prophète le
distingua par de nombreuses marques de faveur. Ainsi, 'Umar ibn
al-Khattâb raconte qu'un jour il vit le Prophète rampant sur ses genoux,
tandis que Husayn était monté sur son dos et tenait une corde dont
l'autre bout était dans la bouche du Prophète. 'Umar dit : " Quelle
excellente monture tu as, ô fils d'Abdallâh ! " Le Prophète répondit
: " Quel excellent cavalier il est, ô 'Umar ! " Husayn avait
prononcé des dires subtils concernant la voie de la Vérité et de sages
paroles sur les bonnes relations humaines.
Il disait
: " Ta religion est le plus tendre de tes frères " ; car le salut d'un
homme est dans la religion : il est jeté dans la perdition s'il lui
désobéit.
Un homme
intelligent gagne à suivre les conseils de ses véritables amis ; il n'a
pas intérêt à poursuivre une direction qui leur est opposée ; le
véritable frère est celui qui ne manque pas de donner des conseils.
J'ai lu
dans les " Anecdotes " qu'un jour un homme vint auprès de Husayn ibn 'Alî
et lui dit : " Ô petit-fils de l'Envoyé de Dieu ! Je suis un homme
pauvre et j'ai des enfants. C'est à toi de me donner des provisions
pour cette nuit. " Husayn répondait : " Assieds-toi : on va m'apporter
des présents. " Il s'écoula peu de temps avant que des gens apportent
cinq sacs contenant chacun mille dinars, envoyés par Mu'âwiya, avec ce
message : " Excuse-moi pour la modicité de ce présent, destiné à tes
disciples. "
Husayn
fit signe de donner les cinq sacs à ce pauvre homme et il s'excusa
auprès de lui : " Si j'avais su que c'était un cadeau si humble je ne
t'aurais pas fait attendre si longtemps. "
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