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Il était
profondément versé dans le soufisme. Il disait, en guise de précepte :
" Voyez à garder vos coeurs, car Dieu connaît vos pensées
secrètes. " " Garder son cœur " consiste à ne pas se tourner vers
d'autres que Dieu, et à préserver ses pensées secrètes de la
désobéissance envers le Très-Haut.
Quand les
qadarites l'emportèrent, et que la doctrine du rationalisme devint
largement répandue, Hasan de Basra écrivit à Hasan ibn 'Alî, lui
demandant de le conseiller et d'indiquer son opinion concernant le sujet
difficile de la prédestination et le point de savoir si les hommes ont
le pouvoir d'agir (istitâ'a).
Hasan ibn
'Alî répondit qu'à son avis, ceux qui ne croient pas à la prédestination
(qadar) des bonnes et des mauvaises actions des hommes par Dieu sont des
impies, et que ceux qui attribuent leurs péchés à Dieu sont des
mécréants; c'est-à-dire que les qadarites récusent la providence divine
et que les jabarites imputent leurs péchés à Dieu : les hommes sont
libres d'effectuer leurs actions selon le pouvoir qui leur est donné par
Dieu, et ainsi notre religion adopte une voie moyenne entre le
libre-arbitre et la prédestination.
Mon
intention, en citant ce message, était de montrer que quelqu'un comme
Hasan Basrî prenait Hasan ibn 'Alî comme arbitre dans les sciences
religieuses.
J'ai lu
dans les " Anecdotes " que lorsque Hasan ibn 'Alî était assis à la porte
de sa maison à Kûfa, un bédouin arriva et se mit à l'insulter, ainsi que
son père et sa mère. Hasan se leva et dit : " Ô bédouin, peut-être as-tu
faim ou soif, sinon qu'est-ce que tu as ? " Le bédouin n'y prit pas
garde, et continua à l'insulter.
Hasan
ordonna à son esclave d'apporter une bourse d'argent et la donna à
l'homme en disant : " Ô bédouin, excuse-moi, car il n'y a rien de plus
à la maison ; s'il y avait eu davantage, je ne te l'aurais pas refusé.
" En entendant celas, le bédouin s'écria : " J'atteste que tu es le
petit-fils du Messager de Dieu. J'étais venu ici pour mettre à l'épreuve
ton indulgence. " Tels sont les véritable saints et les cheikhs qui ne
se soucient pas d'être loués ou blâmés et s'entendent injurier sans se
départir de leur calme. |