Biographie des Saints
 

Harim ibn Hayyân al-Abdî

 

Il alla rendre visite à Uways Qaranî, mais, en arrivant à Qaran, il apprit qu'Uways n'était plus là. Profondément désappointé, il retourna à La Mecque, où il apprit qu'Uways vivait à Kûfa. Il s'y rendit, mais ne le trouva pas. A la fin, il partit pour Basra et en route, il vit Uways, vêtu d'un froc rapiécé, accomplissant ses ablutions au bord de l'Euphrate. Aussitôt qu'il vint de la rive du fleuve en peignant sa barbe. Harim s'avança à sa rencontre pour le saluer ;  Uways dit : « Que  la paix soit sur  toi, ô Harim ibn Hayyân ! » Harim s'écria : « Comment sais-tu que je suis Harim ? » Uways répondit : « Mon esprit connaît ton esprit. » Il dit à Harim : « Surveille ton cœur », c'est-à-dire : garde ton cœur de toute pensée concernant les autres.

Cette parole a deux significations   :

1.  « Rends ton cœur obéissant à Dieu par l'ascèse »;

2. « Rends-toi obéissant à ton cœur ».

Ce sont là deux principes importants. C'est l'affaire des disciples de rendre leurs coeurs obéissants à Dieu afin de les purifier de la familiarité avec les désirs et les passions vaines, et de les éloigner des pensées impures, et de les attacher aux moyens d'obtenir la santé spirituelle, à observer les prescriptions religieuses, et à contempler les signes de Dieu, de sorte que leurs coeurs puissent  devenir la demeure de l'amour.

Se rendre obéissant à son propre cœur, c'est l'affaire des hommes  parfaits, dont Dieu a illuminé le cœur par la lumière de la Beauté, et libéré de tous les moyens et causes, et revêtu de la robe de la proximité et ainsi leur a révélé Ses bontés, et les a choisis pour Le contempler et être près de Lui ; aussi a-t-il rendu leurs corps en accord avec leurs coeurs. Ceux de la première catégorie sont les maîtres de leurs coeurs, ceux de la deuxième sont sous l'emprise de leurs coeurs ; les premiers conservent leurs attributs, les seconds les ont perdus.

La vérité en cette matière repose sur les paroles de Dieu : « A l'exception de ceux de Tes serviteurs qui sont  purifiés (mukhlasîna) » (Coran, XV, 40). Certains lisent mukhlisîna au lieu de mukhlasîna. Le mukhlis (purifié) est passif, et a perdu ses attributs. Ceux de la seconde catégorie, qui accordent leur corps et leur coeur, et dont le coeur demeure dans la contemplation de Dieu, ont un rang plus élevé que ceux qui, par leurs propres efforts, font obéir leur cœur aux commandements de Dieu. Ce sujet est fondé sur les principes de la sobriété et de l'ivresse et sur ceux de la contemplation et de l'ascèse.