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C'était
le cousin du Prophète et le précurseur des saints. Sa renommée et son
rang dans la voie du soufisme étaient très élevés.
Il
expliquait les principes (usûl) de la vérité divine avec une extrême
subtilité, de telle sorte que Junayd disait : " 'Alî est notre Cheikh en
ce qui concerne les principes et en ce qui concerne la patience dans les
calamités ", c'est-à-dire, dans la théorie et la pratique du soufisme ;
car les soufis appellent la théorie de cette voie " principes " (usûl)
et sa pratique se résume dans l'état où l'on supporte l'affliction.
On
raconte que quelqu'un demanda à 'Alî de lui donner un conseil, 'Alî
répondit : " Ne laisse pas ta femme et tes enfants être ton principal
souci ; car, s'ils sont les amis de Dieu, Dieu prendra soin de ses
amis, et si ce sont les ennemis de Dieu, pourquoi veux-tu prendre soin
des ennemis de Dieu ? " Cette question se rattache à la séparation du
cœur, sauf de Dieu, qui garde ses serviteurs dans l'état qu'il veut.
Ainsi,
Moïse laissa la fille de Shu'ayb dans une situation précaire et la
confia à Dieu; et Abraham emmena Agar et Ismaël dans une vallée aride et
les confia à Dieu. Ces deux prophètes, au lieu de se soucier de leur
femme et de leurs enfants, attachèrent leur cœur à Dieu.
Cette
parole ressemble à la réponse que fit 'Alî à quelqu'un qui lui demandait
quelle est la chose la plus pure que l'on puisse acquérir. Il dit : "
C'est ce qui appartient à un cœur enrichi par Dieu. " Le cœur ainsi
enrichi n'est pas appauvri s'il ne possède pas de biens terrestres, et
la joie ne rayonne pas en lui s'il est matériellement aisé. Ce sujet, en
réalité, concerne la théorie de la pauvreté et de la pureté. 'Alî est un
modèle pour les soufis à cause des vérités de ses expressions
extérieures et des subtilités de leurs significations intérieures ; il
prône la libération de toute propriété dans ce monde ou dans l'autre, et
la contemplation de la providence divine. |