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C'est
à Tijditt, faubourg de Mostaganem en 1869 que naquit Ahmed ben
‘Aliwa, plus connu sous le nom d'al-‘Alawi, il avait deux sœurs, sa
mère Fatima était une femme pieuse, son père Mustapha par fierté ne
laissait lire ou deviner sur ses traits les moindres séquelles du
besoins dans lesquelles se débattait sa famille. N'ayant jamais
envoyé son fils unique au Kûttab (ne fut-ce qu'un seul jour), il
s'occupa lui-même de son instruction, à la maison, il lui apprit à
lire et surtout le Coran jusqu'à la Sourate ar-Rahman.
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Mais
le père mourut en 1886, alors que son fils consommait ses dix
septième années. La nécessité se fit plus urgente au sein de
l’humble famille, le jeune Ahmed vibrant de tout son être au malheur
des siens, dut remplacer le père disparu et exercer divers métiers,
ce fut surtout celui de cordonnier qu’il maîtrisa le mieux et qu’il
lui permit d’assurer une certaine aisance matérielle.
Plusieurs années durant, la maroquinerie l’occupa, puis il
s’adonna au commerce, déjà une soif ardente de connaissances
spirituelles s’était irrésistiblement emparé de lui. Elle était
loin d’être assouvie, en raison de ses occupations profanes;
"Si je n’avais eu un certain don et une certaine
intelligence native, je n’aurai probablement rien appris qui vaille
la peine d’en parler…". |
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Photo prise à
Fès.
Le cinquième à partir de la gauche: naquib al-Achrâf, Cheikh al-Alawî, Cheikh al
Kettanî et le Recteur de l'université d'al-Karaouine. |
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Il se
rattrapait surtout la nuit, aidé en cela par quelques Cheikhs qu’il
invitait chez lui, s’adonnant à l’étude avec frénésie, il dévorait
livre sur livre et cela l’absorbait des nuits entières, à tel
enseigne que son épouse en prit ombrage et finit par demander le
divorce, trouvant qu’il n’accomplissait pas ses devoirs conjugaux;
"elle avait en vérité, quelques raison de se plaindre de moi…".
Cette
assiduité aux enseignements (sous les chapelets) des Cheikhs de
fortune, permit au jeune Ahmed de cultiver une certaine ascèse
mentale, d’appréhender quelques subtilités de doctrine et d’élargir
progressivement les horizons de ses connaissances, d’autant plus
facilement qu’il était porté sur la science des soufis (‘ilm al-Qawm),
à qui désormais il ne faussa presque plus compagnie.
La
nécessité de travailler de jour ne faisait que rendre cette soif de
connaissances encore plus lancinante, c’était donc de nuit que,
quittant son logis, il allait assistait aux enseignements et
participer aux séances de remémorations (Dhikr), sa mère se
tourmentait d’autant plus pour lui, que la maison familiale, située
hors de la ville, était isolée et périlleux le chemin, aussi se
dressait-elle contre son fils, employant tous les moyens pour le
détourner, mais en vain. |