La Voie 'Alawiya

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Un nouveau regard sur la vie et l'œuvre du cheikh Ahmad al-‘Alâwî

 

Au début du siècle dernier, la tarîqa Shâdhiliyya-Darqâwiyya prit le nom de Shâdhiliyya-Darqâwiyya-‘Alâwiyya, ce dernier ajout faisant référence au cheikh al-‘Alâwî, le fondateur éponyme de cette nouvelle branche.

Le docteur Probst-Biraben précise : « Comme il est permis aux Chadeliya et aux Darkaoua de créer des branches à peu près indépendantes, il [le cheikh al-‘Alâwî] fonda non pas comme on le croit généralement un nouvel ordre, celui des Alaouîa, mais le rameau moderne des Chadelya-Derkououa, peu avant la grande guerre [1] ».

 Cet événement eut lieu à Mostaganem, ville du nord-ouest algérien où est né le cheikh al-‘Alâwî en 1869 et où il décéda le 14 juillet 1934.

Nous essayerons brièvement de retracer sa vie : les origines du cheikh al-‘Alâwî, son éducation et son initiation spirituelle, son investiture à la fonction de cheikh, ses multiples voyages et ses écrits, mais aussi son combat pour une revivification de la Voie, dans une Algérie profondément blessée par le colonialisme et en pleine mutation. 

Précisons que l’influence du cheikh demeure présente partout. Dans son pays, l’Algérie, bien sûr, mais aussi à travers le Maghreb et le Machreq, le Sud asiatique, ainsi que l’Europe et le continent américain ; il est incontestable que le cheikh al-‘Alâwî fut le vivificateur de la voie soufie au xxe siècle. En ce sens, une prise de conscience se fait jour auprès d’intellectuels, notamment algériens, et une revalorisation de l'œuvre du cheikh s’opère à travers une recherche critique de sa pensée. Plusieurs colloques et rencontres internationales ont eu lieu en Algérie et ailleurs afin d’approfondir la richesse de ce patrimoine.

Cheikh Ahmad al-'Alawi à Meknes en 1927. A sa droite Cheikh al-Kettani et à sa gauche naqib al-achrâf, le cousin du Roi Moulay Yusuf.

 Les jeunes années…

C'est un aïeul du cheikh al-‘Alâwî, venu d’Alger, qui s’installa à Mostaganem pour y exercer la fonction de magistrat. Cette vocation s’inscrit dans le cadre familial puisque, à l’époque ottomane, trente-deux membres de la famille « Ben ‘Alioua » ont exercé la profession de magistrat, comme le précise  Muhammad al-Fâsî [2]. Le cheikh ne reçut dans son enfance et son adolescence quasiment aucun enseignement, comme il en témoigne lui-même : « Quant à l’art d’écrire, je ne l’ai point pratiqué et je n’ai pas fréquenté l’école, pas même un seul jour, sauf ce que j’ai appris de mon père lorsqu’il me donnait des cours de Coran chez nous. Ainsi, j’en suis arrivé à apprendre par cœur le Livre de Dieu jusqu’à la sourate al-Rahmân, le Tout Miséricordieux. Je m’en tins là en raison des diverses occupations auxquelles la nécessité m’avait contraint, car ma famille était pauvre [...] J’hésitais entre plusieurs métiers et finalement je choisis celui de savetier ; j’y devins tout à fait habile et la situation s’en trouva améliorée. Je restai savetier quelques années puis j’entrai dans le commerce [3]  ».

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