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Certains
ont appelé son aïeul Abû Muhammad. Il est tenu en grande estime par les
soufis. Il a donné des indications subtiles concernant les relations
humaines. J’ai lu dans les " Anecdotes " qu'un bédouin vint le voir et
l'interrogea sur la patience. Hasan répondit : « Il y a deux patiences ;
celle qu'on a dans l'infortune et l'affliction, et celle dont on
s'arme pour s'abstenir de ce que Dieu nous a interdit. » Le bédouin
dit : « Tu es un ascète ; je n'ai jamais vu quelqu'un de plus ascète ni
de plus patient que toi. - Ô bédouin ! S’écria Hasan, mon ascétisme
n'est rien que désir, et ma patience n'est rien que manque de force
d'âme. » Le bédouin le supplia d'expliquer cette parole, « car, dit-il,
tu as troublé ma foi ». Hasan répondit : « Ma patience dans l'infortune
et ma soumission manifestent ma peur du feu de l'enfer, et ceci est un
manque de force d'âme (jaza') : et mon ascétisme en ce monde est un
désir pour l'autre monde, et c'est là la quintessence du désir. Combien
excellent est celui qui ne pense pas à son propre intérêt, de telle
sorte que sa patience est pour l'amour de Dieu, non pour échapper à
l'enfer; et son ascétisme est pour l'amour de Dieu, non en vue
d'aller au paradis ! »
Et on
rapporte qu'il a dit : « L'association avec les méchants engendre le
soupçon des bons. » Cette parole est très juste et convient aux hommes
de notre époque qui, tous, ne croient pas aux amis honorés de Dieu. La
raison de ce manque de confiance est qu'ils fréquentent de prétendus
soufis, qui n'en ont que l'apparence et comme ils s'aperçoivent que
leurs actions sont perfides, leurs langues fausses, leurs oreilles
écoutant des paroles vaines, leurs yeux regardant les appas sensuels, et
leur ardeur consacrée à amasser des richesses illicites et convoitées,
ils s'imaginent que les aspirants au soufisme se conduisent de la même
façon, ou que telle est la doctrine du soufisme même, alors qu'au
contraire, les soufis agissent en obéissant à Dieu, et leur langue
répète la parole de Dieu, et leurs oreilles écoutent les préceptes de la
Loi religieuse (sharia) et leurs yeux contemplent la Beauté divine, et
toutes leurs pensées sont attachées à connaître les mystères sacrés au
lieu où la vision leur est accordée. Si de mauvaises gens sont apparues
parmi eux, et ont adopté leurs pratiques, le mal incombe à ceux qui
l'ont commis. Quiconque s'associe avec des hommes pervers le fait à
cause de sa propre perversité, car il s'associerait avec des hommes de
bien s'il se trouvait quelque bien en lui.
Chacun
cherche qui lui ressemble et il est lui-même responsable des compagnons
qu'il choisit. Les gens qui critiquent les soufis sont les pires, car,
au lieu des vrais soufis, ils ont choisi de prétendus soufis et ils les
ont considérés comme leurs modèles.
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