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SEMINAIRE ET REUNION SPIRITUELLE ANNUELLE EN HOLLANDE

 

 

 

De gauche à droite les conférenciers: Noureddine GUESSOUM, Amine BASSIGNOT, Jean-Daniel DERAMBURE, Youssef Elmhadhbi et Mahmoud THAMI.

 

 

 

Histoire de la  compilation et des lectures du Saint CORAN

 

Présentée par Noureddine GUESSOUM

 

 

 

Le déroulement de l’intervention était le suivant :

 

-    Introduction  sur le but et l’intérêt du travail présenté : explication notamment des paroles citées dans le poème du Cheikh el Alawi la «  LOTFIA » concernant le coran.

 

-    Synthèse historique sur la culture et les croyances préislamiques en parlant notamment de la filiation du Prophète.

 

   La révélation «  AL WAHII »

Les divers sens du mot révélation «  wahii » suivant son emploi dans les versets coraniques, ainsi que son sens religieux.

 

   La compilation du Saint CORAN au temps du Prophète

Al jama’ voulant dire «  apprendre par cœur » et al jama’ voulant dire écriture.

En évoquant la mort du prophète sans que le coran soit entièrement écrit.

 

-     La compilation de Abou Bakr

Sur le conseil de Omar Ibn al-khattab, Zaid ibn thabit a été désigné par Abu Bakr pour faire une première compilation gardée par ce dernier puis par Omar puis par sa fille Hafsa.

 

-     Les sept lectures du Saint CORAN

Explication du Hadith sur les sept lectures du Coran,  Lectures voulant dire langues ou «  Dialectes » ; le Prophète a facilité la lecture du saint coran aux compagnons.

 

-     La Compilation de Othman ( La Vulgate)

Constitution de la Vulgate Par Othman Ibn Affane, en s’appuyant sur les «  suhuff » gardés par Hafsa fille de Omar, et destruction de toute autre copie (brûlée).

La compilation de certains compagnons (de Ibn mass’oud, de Oubai et de Ali).

 

-     La Langue Arabe, son état et son évolution

Etat de la langue arabe, absence de signes diacritiques et de signes de vocalisation rend difficile la lecture du coran à moins de le connaître par cœur.

 

    L’amélioration de l’écriture des «  MUSHAF »

Evolution de la langue arabe à partir du règne de «  Abd el Malik ibn Marrouane » et qui s’est étalé sur deux siècles.

 

-     Les sept et dix Lecteurs et les recitateurs ( Al qurra’ ; al rouwatt)

Apparition des sciences de la lecture, des qurra’ et de Cheikh al qurra’.

La lecture est devenue une science à part entière tel que les sciences de l’exégèse, du hadith, ou du fiqh

Les oulémas qui ont filtré les lectures et les ont classé par ordre d’exactitude sur critère du «  sanad » qui doit remonter jusqu’aux compagnons du prophète  d’où la limitation de sept « qira’at» reconnues comme exactes (voire dix quira’at)

Les citateurs (Hafs ou warch par exemple) sont des « rouwat » qui se conforment à la lecture des quora’ reconnues.

Finalement l’écriture et les masahif d’aujourd’hui sont très bien écrits, bien finis et ne prêtent à aucune confusions dans la lecture des lors qu’on connaît la langue arabe.

 

 


 

Les circonstances de révélation / abrogeant et abrogé 

 

Présenté par Youssef Elmhadhbi

 

 

Pour comprendre la science des circonstances de la révélation et de l’abrogé et de l’abrogeant il est important de connaître les quatre sciences suivantes : 
 

1 - Le clair et l’équivoque : (mohkem/moutachabih)

            - le clair: verset dont le sens est clair.

            - l’équivoque: verset à lectures multiples

 

L’équivoque comprend : 
 

           - elmoujmel : versets à double compréhension, exemple : «celui qui fera le poids d’un atome de bien le verra…. » 
 

           - elmouawel : versets nécessitant une interprétation, exemple : «  le miséricordieux assis sur le trône » ou « ne subsiste que la face de ton Seigneur » 
 

           - elmochkel : mots ou versets mystérieux, exemple : les lettres isolées (comme : ALM) 
 

2- Le Médinois et le mecquois :

C’est la connaissance de l’endroit exact de la révélation des sourates. Il y a trois méthodes de classement :

           - classement géographique.

           - classement chronologique.

           - classement thématique.

 

Le nombre des sourates :

           - Le mecquois : 82 sourates.

           - Le médinois : 20 sourates.

           - Lieu incertain : 12 sourates. 
 
 

3 - le spécifique et le général :

C’est la science qui consiste à connaître ce qui relève de la révélation concernant spécifiquement une personne de ce qui concerne la communauté toute entière. 
 

4- correspondance entre les versets :

C’est la science qui détecte les liens implicites ou explicites entre les sourates ou entre les versets.

Le cheikh El Alawi dit à ce propos : « tout verset soutient d’une façon implicite ou explicite celui qui le précède. »    

                

 

Les Circonstances de la révélation 

 

 

Définition:

C’est connaître les raisons pour lesquelles tel ou tel verset a été révélé. 
 

- El Wahidi (Exégète du 5e s/H) dit :

« On ne peut pratiquer l’exégèse d’un verset sans connaître son histoire et le pourquoi de sa Révélation. »

Les versets concernés sont d’après Essoyouti de l’ordre de 10% du total des versets du Coran. Le reste est considéré comme versets informatifs. 
 

Objectif de cette science : 
 

Connaître la Sagesse divine qui se cache derrière telle ou telle loi.
 

Connaître les versets abrogés et les versets abrogeants. 
 

Connaître le spécifique du général. 
 

Comprendre l’ambiguïté apparente d’un verset.  
 

La transmission :

Les circonstances de la révélation ont été transmises par :

  • Les Compagnons.

  • Les successeurs des compagnons.
     

Règles :

  • Si le récit émane d’un témoin direct ( compagnon): il faut considérer le récit comme véridique.

  • Si le récit émane d’un témoin de témoin direct, on met en balance la fiabilité du deuxième témoin.

  • Si deux témoins directs donnent deux versions différentes, on dira que :

Il y a multiplicité de révélations à la suite d’un seul événement,

Ou : il y a multiplicité d’évènements qui ont provoqué une seule révélation. 
 

 

Conclusion : 

  • Le Coran a répondu aux questions des premiers musulmans sur 23 ans

  • Le Tanjim ou étalement Coranique sur 23 ans a permis d’affermir le cœur du Prophète (V32, S25)

  • Le texte sacré est en lien étroit avec la réalité, et a répondu pendant 23 ans aux différents questionnements des premiers musulmans.

Comment devons-nous le lire aujourd’hui pour ne pas tomber dans le passéisme ? 
 

 

 

L’Abrogeant et l’Abrogé

 

Abroger, c’est annuler. 
 

Dans le Coran, c’est le remplacement d’une prescription par une autre.

« Dès que nous abrogeons un verset, ou dès que nous le faisons oublier, nous le remplaçons par un autre meilleur ou semblable » (V106, S2) 
 

1- Les différentes sortes d’abrogation : 
 

A) Abrogation d’un verset par un autre 

 

Exemple du vin:

« Ils t’interrogent au sujet du vin et du jeu de hasard ; dis : ils comportent tous deux, pour les hommes un grand péché et un avantage, mais le péché qui s’y trouve est plus grand que leur utilité ». (V219, S2)

 

Abrogé par : « Oh ! Vous qui croyez, n’approchez pas de la prière alors que vous êtes ivres. Attendez de savoir ce que vous dites ». (V43, S4)

 

Abrogé par : « Oh ! Vous qui croyez, le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une œuvre du démon, évitez-les. Peut être serez-vous heureux ». (V90, S4) 
 

B) Abrogation de la Sunna par la Sounna :

 

Exemple l'interdiction de visiter les cimetières, et en suite permission.
 

C) Abrogation de la Sounna par un texte coranique :

Exemple : remplacement du jeûne d‘Achoura par le Ramadhan.

 

D) L’abrogation du coran par la sounna n’est pas partagée par tout le monde.

 

 

2- Objectifs de l’abrogation : 

  • Adaptation des mentalités aux nouvelles normes

  • .Faciliter la pratique.

3- Spécificités de l’abrogation : 

  • Le verset abrogé reste dans le corpus.

  • le verset abrogé peut être de nouveau réactivé.

4- Divergences d’appréciation :

Les règles admises:

  • un verset abroge un autre verset.

  • si deux énoncés coraniques s’opposent, le plus tardif est abrogeant.

le compte des versets abrogés n’est pas le même pour tout le monde :

Essidoussi (Exégète du 1er s/H) :36 versets abrogés.

Ibn Hazm  (4e s/H)   :198

Ibn El Jawzi (6e s/H)   :249

Essoyouti (10e s/H)    :20

Notons qu’Abou Bakr Ibn Arabi  (12e s/H) avance que le verset 5 de la sourate « le repentir » abroge 114 versets . 

 

5- Raisons des divergences

Confusion entre:

  • Abrogation: Annulation non du texte mais de la validité de la loi.

  • Badà: ce qui semble à l’exégète une opposition entre deux énoncés.

  • Insà  défini par Ezzarkachi  et Tabari – comme le fait de reporter à une date plus propice. La loi est ainsi suspendue mais non abrogée. Quand et qui la réactivera? La question reste posée.

6- Conclusion 
 

L’abrogation comme les circonstances de révélation prouvent que le texte sacré est un texte qui tient compte de la réalité. Dieu n’hésite pas à changer une loi par une autre parce que sa sagesse ainsi que  le réel quotidien l’exigent. Ce n’est pas la réalité qui dicte sa loi à Dieu, mais Dieu qui a voulu que la réalité soit dynamique et changeante. La législation divine ne fait que s’adapter à la loi divine du changement.

    Pouvons-nous tirer toutes les conséquences de cette sagesse ? 


 

 

L'interprétation du coran

 

Présenté par Youssef Elmhadhbi ( à la place d'Ahmed ben Alioua absent):

 

 

Les commentateurs sont d'accord pour dire qu'il y a deux modes d'interprétation:

-le tafsir.

-le taawil.

 

 

Le lisan el arab, nous donne la définition suivante du tafsir : c'est l'éclaircissement d'une expression.

Le sens du taawil (interprétation) varie quant à lui selon le contexte. Il repose en tous cas sur la réflexion, là ou le tafsir (éclaircissement) repose sur les données de la tradition. Pour expliquer le mot "dhulm" (injustice) par exemple dans le verset : " ceux qui croient et n'entachent pas leur foi de "dhulm"(6-v86), le prophète avait utilisé un autre verset pour calmer l'angoisse de ses compagnons, en disant que le "dhulm" utilisé ici n'a pas le sens d'injustice ordinaire , mais le sens de "chirk", l'association de quelqu'un d'autre à Dieu , conformément au verset " l'association est une grande injustice"(31-v13).

 

Méthodologie de l'exégèse:

Pour pratiquer l'exégèse la tradition veut qu'on suive les étapes suivantes :

1- chercher le sens dans le Coran.

2- dans la sounna.

3- dans les propos des compagnons.

4- pratiquer l'ijtihàd ( effort personnel de compréhension).

 

Les données qu'il faut respecter sont:

- les circonstances de la révélation.

- les liens entres les versets.

- la neutralité (oublier son appartenance à telle ou telle école théologique).

- la maitrise de l'arabe pour détecter le réel du métaphorique.

 

Les exégètes parmi les compagnons:

les 4 califes, Ibn massoud, Ubay ibn Kaab, Ibn Abbas, Zayd ibn thabit, Abou moussa Elachari et Abdoullah Ibn Ezzoubeir.

Parmi les successeurs on peut citer :

Moujahid, Ikrimah, Hassan el basri, Said ibn Joubair et Atallah Ibn Abi rouaha.

 

Les écoles de l'exégèse:

- L'école de la Mecque: représentée par Ibn Abbas.

- Médine: l'imam Ali et Ubay ibn Kaab.

- Irak: Ibn Massoud.

- Syrie: Abou Edderda et Tamim Eddari.

- Egypte: El azadi.

- Yemen: Mouadh ibn Jabel et Abou Moussa el Achari.

 

la phase formative:

Le développement de l'exégèse traditionnelle (bil mathour) s'est étendu sur deux siècles profitant du développement de la jurisprudence (fiqh) hadith, et théologie (kalam). Il trouva son aboutissement au 3ème siècle avec Tabari , qui avait comme méthode de présenter les différentes données traditionnelles, émettre une critique si besoin puis donner son avis personnel.

 

L'interprétation ésotérique:

Dans la mesure où le tafsir se révèle insuffisant pour tout expliquer, surtout les versets équivoques, certains ont eu recours au taawil qui est de 2 sortes:

-Taawil aqli ( rationnel): c'est l'ijtihàd personnel du commentateur qui est en jeu. L'école rationaliste la plus connue est celle des motazilites.

-Taawil kashfi: c'est la voie du dévoilement intérieur. Une saisie intuitive de la signification des termes du Coran.

 

L'exégèse soufie:

Elle se base sur le symbole et les métaphores pour aller au delà de la lettre. Elle a pris son ampleur dès le 2ème siècle autour de Jaafar Essadiq, et se base sur la polarité Zahir/Batin ( intérieur/extérieur) , conformément au Hadith qui dit " le Coran a un extérieur et un intérieur". Chaque sens ésotérique peut donner lieu à un autre sens et ce jusqu'a sept sens. L'exégèse soufie repose sur la réalisation spirituelle, une intuition imposant tel ou tel sens.

 

Les fondements de l'exégèse soufie:

L'exégèse soufie repose sur le Coran, alimentée par l'expérience spirituelle , qui alimente la compréhension du texte. Le texte coranique est propice aux commentaires puisqu'il propose des images , des paraboles , comme dans le verset de la lumière, exploitée par Ghazali pour écrire le "tabernacle des lumières", ou l'ascension céleste du prophète devenue le prototype du voyage spirituel.

Mentionnons , enfin parmi les exégèses soufies , l'exégèse du cheikh El Alawi appelée 'Elbahr el Masjour     (la mer en ébullition), ou son exégèse de la sourate "l'étoile" et celle de la sourate "el asr".

 


 

Les Traductions du Coran

 

Présenté par Jean-Daniel DERAMBURE

 

Le chapître sur les Traductions du Coran vise à faire goûter aux non arabophones le message universel du Livre Saint par une lecture facile et enrichissante. Dans le passé, les traductions étaient souvent hostiles, surtout au Moyen-Age, mais la plus célèbre, rédigée par Pierre le Vénérable, inspirera à Saint Bernard une vision pacifique de l'Islam, reprise plus tard par Voltaire qui oubliera son mépris des religions pour admirer le message coranique et le propager. Heureusement, de nos jours, elles sont respectueuses de l'Esprit du Coran, (comme Denise Masson, Boubakeur ou Mazigh) et rédigées en excellent français, (comme Jacques Berque, qui a puisé aux sources des meilleures exégèses). Ces traductions récentes éclairent l'Islam d'une lumière nouvelle faite de tolérance et de modernité, loin des images figées imposées par certains. Le lecteur de ces traductions, s'il s'appuie en outre sur une connaissance de la vie du Prophète et sur l'étude des exégètes les plus sûrs, (Tabari surtout, les orientalistes et l'école tunisienne contemporaine), trouvera dans les traductions récentes le meilleur chemin vers un Islam de paix et de tolérance où chaque mot du Coran touche notre cœur et nous rapproche du Divin. 

 

 


 

LES THEMES DU CORAN


Première approche des thèmes du Coran :

Les premiers thèmes qui apparaissent dans le Coran sont les titres même des sourates.
« La vache », « la famille de ‘Imran », « les femmes », « la table servie », et ainsi jusqu’à la fin.


Autres thèmes :

1 – Le liminaire (el Fatiha)    

2 – Allah      

3 – Muhammed    

4 – La Révélation      

5 – Les 5 piliers de l’Islam      

6 – La religion

7 – Prescriptions morales

8 – De la Création à la rétribution

9 – Idolâtres et incrédules

10 – Les gens du Livre

11 – Relations humaines

12 – La guerre

13 – Hommes et peuples.

Le thème de la prophétie et des prophètes.
Le thème des Noms divins.
Le thème du « Livre ».
Le miracle numérique du Coran.

Il s'agit, entre autres, d'une grande série de répétitions des sourates et versets du Coran en relation avec le nombre 19. Ce dernier est lié au nombre de lettres de la Basmallah. (Bismaillah er-rahamân er-rahîm) de même il existe d'autres nombres remarquables dans la structure du Livre.

L'approche scientifique du Coran, ou comment des découvertes récentes de la science contemporaine se trouvent explicitées, parfois dans le détail, (exemple : la gestation humaine), dans le Coran.